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L’antipassif dans les langues accusatives

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Katarzyna Janic

Inscrit depuis quarante ans dans le domaine de la syntaxe, le phénomène de l’antipassif est traditionnellement associé aux langues à alignement ergatif. Ce travail cherche donc à savoir si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie sur l’axe translinguistique. En d’autres termes, jusqu’à quel point doit-on insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, cette étude s’appuie sur une approche translinguistique et sur une vision bipolaire relative aux domaines de la syntaxe et de la sémantique.
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à l’analyse descriptive des constructions antipassives formellement marquées. Étant donné qu’une certaine proportion de langues ergatives utilise, pour dériver l’antipassif, la marque polysémique réfléchie et/ou réciproque, cette étude s’est penchée sur les langues accusatives dont la marque antipassive présente la même caractéristique, d’où l’intérêt porté aux langues austronésiennes, du Niger-Congo, Nilo-sahariennes, turciques, et indoeuropéennes, en particulier aux langues slaves et romanes.
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Introduction

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0.1 Objectif

Tenter d’appréhender le phénomène de l’antipassif revient à se confronter à la question majeure de la relation entre le type d’alignement et d’autres aspects de l’organisation syntaxique. Définie comme une alternative possible de la phrase transitive correspondante, la construction antipassive s’inscrit depuis quarante ans dans le système des langues ergatives. Ainsi, les études sur telle ou telle langue ergative visent à déterminer l’impact de l’antipassif sur les propriétés morphosyntaxiques de la construction transitive correspondante. Elles cherchent notamment à savoir comment cette construction peut se réaliser sur le plan formel afin d’exprimer le même contenu sémantique que son équivalent transitif. Inscrit dans le domaine de la syntaxe, ce phénomène est devenu une véritable icône des langues ergatives. Mais nous pouvons nous demander si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie à l’échelle planétaire. N’existe-t-il pas dans les langues accusatives des constructions qui répondent aux exigences formelles propres à l’antipassif des langues ergatives ? En d’autres termes, jusqu’à quel point est-il justifié d’insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Cette question constitue le socle sur lequel nous construisons notre étude. Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, nous nous appuierons sur des langues accusatives issues des familles austronésiennes, du phylum Niger-Congo et du phylum...

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