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Le «care» dans l’éducation préscolaire

Sylvie Rayna and Gilles Brougère

Cet ouvrage, issu du séminaire « Éducation de la petite enfance » (IFE/ENS de Lyon – EXPERICE – Université Paris 13), se penche sur la notion de care, dans ses aspects corporels, psychiques et culturels et ce, dans une perspective comparatiste. Le point de départ réside dans trois recherches : une étude franco-japonaise des pratiques de soin en crèche, le projet Children crossing borders sur le préscolaire dans cinq cultures et une analyse conjointe des lieux d’accueil enfants-parents dans quatre pays. Les dix chapitres de l’ouvrage visent l’approfondissement des relations entre le care (soin/accueil) et le jeu, les premiers apprentis sages, la socialisation, la diversité et l’environnement grâce aux contributions de ces recherches et d’autres, effectuées en France et dans d’autres pays, qui ont privilégié, depuis différentes disciplines, des approches post-structurales pour questionner, dans le champ préscolaire, ce prendre soin de soi, des autres et du monde.
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Chapitre 5. Les soins postnatals aux mères et aux bébés en Chine

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Les soins postnatals aux mères et aux bébés en Chine

Gladys CHICHARRO1

La politique de l’enfant unique a été lancée en 1979 quasi simultanément aux réformes économiques (1978). Au lieu d’attendre que la modernisation entraîne progressivement une baisse de la natalité comme cela s’était produit en Occident, le gouvernement chinois a alors choisi de procéder à l’inverse, afin d’accélérer le processus. Ainsi la génération des enfants uniques a véritablement été créée pour permettre à la Chine d’accéder à la modernité. Chargés par l’État d’assurer le succès national, ces enfants ont eu également le devoir d’apporter honneurs et richesses à des parents dont ils sont l’unique descendant et pour lesquels ils représentaient « le seul espoir »2. De fait, ils ont occupé une place centrale au sein de leurs foyers, objets de tous les soins et soucis de leur entourage, ce qui leur a valu le surnom de « petits empereurs » et « petites princesses » ou bien de « petits soleils » (Chicharro, 2010). Leurs parents et grands-parents se sont efforcés de leur offrir « ce qu’il y a de mieux » afin d’en faire des « enfants en bonne santé et intelligents » (jiankang congming de haizi 健康聪明的孩子)s’acheminant vers une indispensable gloire scolaire et professionnelle qui rejaillirait sur l’ensemble de la famille, voire de la nation. Selon Ann Anagnost, « le corps de l’enfant devient dépositaire de valeur, sans doute justifié par...

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