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Lotze et son héritage

Son influence et son impact sur la philosophie du XXe siècle

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Federico Boccaccini

Rudolf Hermann Lotze (1817–1881) fut l’une des figures majeures de la philosophie allemande au XIX e siècle. Philosophe, logicien, psychologue, médecin, il a connu à son époque une renommée extraordinaire. Professeur de philosophie à l’Université de Göttingen, où il succéda à Herbart, il mena un parcours de recherche aussi original qu’influent. Entre romantisme et positivisme, entre naturalisme et historicisme, sa doctrine ne s’est jamais confondue avec les courants les plus importants de son époque. Admirée et suivie, autant en Allemagne qu’à l’étranger, sa pensée fut ensuite, après sa mort, condamnée à l’oubli en raison de son supposé éclectisme méthodologique et, finalement, classée sous la rubrique ambiguë d’« idéal-réalisme ». Le legs de Lotze s’inscrit dans un rapport complexe à la phénoménologie, à la philosophie analytique naissante, au pragmatisme américain et au néokantisme allemand jusqu’à Heidegger. L’analyse de ce legs n’a cependant jamais bénéficié d’une réflexion critique capable d’en mesurer la portée et les limites. Par un travail d’évaluation historico-critique, ce volume se propose de combler cette lacune.
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James lecteur de Lotze

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1

Stefano POGGI & Michele VAGNETTI

Université de Florence, Florence (Italie)

Introduction

L’influence de Lotze sur le développement d’un certain nombre d’idées centrales de la philosophie de William James est sans doute relativement connue, même si elle n’est guère étudiée. Il faut revenir aux années 1930 pour repérer certains textes significatifs consacrés à ce sujet. Ces études sont dues, en fait, à un seul savant – Otto F. Kraushaar – qui, de 1936 à 1940, y a consacré pas moins de quatre articles (Kraushaar, 1936 ; 1938 ; 1939 ; 1940). Kraushaar avait d’abord attiré l’attention sur la présence, chez James, des thèses de Lotze concernant la possibilité d’une psychologie scientifique liée à la recherche dans le champ de la physiologie des sensations. James – qui, d’ailleurs, nomme Lotze déjà dans la préface à ses Principles of Psychology (1890) (James, 1950) – a pu également s’inspirer de Lotze en ce qui concerne la relation entre une étude de l’esprit de type scientifique-expérimentale et une problématisation dont la teneur philosophique portait en premier lieu – mais pas seulement – sur la théorie de la connaissance. Les chapitres des Principles of Psychology – parus pour la plupart, rappelons-le, sous la forme d’articles de revue, avant d’être réunis dans les deux volumes des Principles en 1890 – montrent des traces évidentes, souvent explicites, d’une lecture attentive de tous les ouvrages principaux de Lotze, de la Medicinische Psychologie oder Physiologie der Seele (Lotze, 1852)...

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