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Et Jean-Baptiste Say… créa l’Entrepreneur

Préface d’André Tiran

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Société Internationale Jean-Baptiste Say

À la fin du 18e siècle, l’initiative individuelle a été magnifiée pour permettre à l’économie de sortir de son état de passivité et de sclérose. Jean-Baptiste Say (1767–1832), économiste français et partisan de la révolution française, a produit une théorie générale de l’entrepreneur où l’innovation tient une place essentielle. L’entrepreneur peut être à la fois gestionnaire, capitaliste, innovateur. Say créa l’entrepreneur et le dota de moult charismes : esprit de conduite, génie des affaires, capacité d’entreprendre, sens du risque et d’initiative, création de valeur et d’emplois, grandes capacités gestionnaires, etc. Il s’agit d’un entrepreneur que les politiques et les « forces actuelles de marché » cherchent à ressusciter pour donner un nouveau souffle à notre économie léthargique.
Les auteurs de l’ouvrage discutent de la notion et de la fonction de l’entrepreneur dans l’œuvre de Say pour montrer son actualité économique, sociale et politique. Ils présentent aussi le contexte économique et intellectuel à partir duquel a émergé la théorie de l’entrepreneur. Entrepreneur, professeur, journaliste, lui-même, Say… créa l’entrepreneur et a légué à l’analyse (et à la philosophie) économique un « outil » de sortie de crise.
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Les ambiguïtés de la théorie de l’entrepreneur de Jean-Baptiste Say

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1

Joël Thomas RAVIX

GREDEG, CNRS, UMR 7321 Université de Nice – Sophia Antipolis, France

L’histoire de la pensée économique a principalement retenu deux apports de Jean-Baptiste Say : sa théorie des débouchés et sa théorie de l’entrepreneur. Si la première, qualifiée de loi de Say, a donné lieu à une abondante littérature2 dans laquelle, généralement, Say « tend à occuper le rôle d’un ogre classique en attente d’être tué par le chevalier keynésien » (Koolman, 1971, p. 269) ; la seconde n’a pas fait l’objet de la même attention, comme le montre par exemple l’ouvrage de Mark Casson (1982). Lorsque la théorie de l’entrepreneur de Say n’est pas négligée, « on la réduit le plus souvent à une conception de l’entrepreneur entendu comme gestionnaire de la production » (Steiner, 1997, p. 611). De même, il est de tradition de la rapprocher de celle de Frank Knight (Steiner, 1997 ; Fontaine, 1999) ou encore, plus rarement, de celle d’Israel Kirzner (Facchini, 2007 ; Ravix, 2014), en laissant dans l’ombre le fait que le rôle et la place que Jean-Baptiste Say attribue à l’entrepreneur sont étroitement liés à la manière dont il appréhende le phénomène de la production.

C’est bien ce phénomène qui est au centre des préoccupations de Say puisque c’est par une réflexion sur la production qu’il ouvre son Traité d’économie politique, mais surtout...

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