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Le Mort et le vif

Clichés/néologismes

Series:

Walter Redfern

Ce livre est une édition française repensée et mise à jour de The Dead and the Quick: Cliches and Neologisms in the Written, Spoken and Visual Cultures of Britain, the United States and France (1989, 2 e édition 2010).
Walter Redfern considère le langage comme alternativement réactionnaire et révolutionnaire. Les mots sont complices dans le cramponnement humain aux réalités périmées, et toutefois le langage ne cesse d’évoluer par des processus de déplacement et de remplacement. En sus de la nature apparemment statique des clichés, cette étude se concentre donc sur le potentiel dynamique des mots. La créativité linguistique est présentée comme essentielle dans la résistance à la réflexion (ou l’absence de réflexion) toute faite.
Parmi les nombreux sujets étroitement liés et qui sont analysés ici de près se trouvent : l’imitation, le plagiat, la rumeur, la pensée politiquement correcte, le jargon, l’euphémisme, la répétition, la caricature, les stéréotypes. L’auteur étudie aussi le cliché et le néologisme dans le secteur visuel (par exemple, le kitsch, et les néomorphismes des psychotiques).
Paradoxalement, le cliché est un riche sujet de discussion. Et qui refuserait de s’intéresser au langage rajeuni ? Quoique pleinement académique dans la minutie de sa recherche, ce livre n’est jamais solennel comme un hibou ni sec.
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Chapitre 5: Apogée

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Apogée

Je ne pense jamais en écrivant

Nul ne peut faire deux choses à la fois

et les bien faire

— DON MARQUIS

Was uns alle bändigt, das Gemeine

[ce qui assujettit tout le monde, le lieu commun]

— GOETHE

Dans ce chapitre je ne tenterai pas de construire un panorama chronologique et compréhensif. J’ai choisi certains auteurs importants de deux littératures qui démontrent ou compliquent diverses attitudes envers l’exploitation du cliché. Le cliché est en effet la reductio ad absurdum de l’œuvre d’art. Comme elle, il jouit d’une forme définitive et d’une reconnaissance générale. Un critique formaliste russe va jusqu’à prétendre que la poésie n’est le plus souvent que du réchauffé : « Les poètes s’occupent beaucoup plus souvent d’arranger les images que d’en créer. Les poètes reçoivent les images ; la capacité de se les rappeler est de loin plus importante que celle de les générer. »1 La plupart des œuvres descendent à la grande majorité des lecteurs sous des formes extrêmement condensées, par exemple des citations dont on se souvient de façon inexacte. Il y a aussi la pratique de la demi-citation, c’est-à-dire : on laisse à l’écouteur ou au lecteur le soin d’ajouter ce qui manque en se servant d’une réserve à laquelle les deux interlocuteurs peuvent se fier. Ce...

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