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Le Mort et le vif

Clichés/néologismes

Series:

Walter Redfern

Ce livre est une édition française repensée et mise à jour de The Dead and the Quick: Cliches and Neologisms in the Written, Spoken and Visual Cultures of Britain, the United States and France (1989, 2e édition 2010).
Walter Redfern considère le langage comme alternativement réactionnaire et révolutionnaire. Les mots sont complices dans le cramponnement humain aux réalités périmées, et toutefois le langage ne cesse d’évoluer par des processus de déplacement et de remplacement. En sus de la nature apparemment statique des clichés, cette étude se concentre donc sur le potentiel dynamique des mots. La créativité linguistique est présentée comme essentielle dans la résistance à la réflexion (ou l’absence de réflexion) toute faite.
Parmi les nombreux sujets étroitement liés et qui sont analysés ici de près se trouvent : l’imitation, le plagiat, la rumeur, la pensée politiquement correcte, le jargon, l’euphémisme, la répétition, la caricature, les stéréotypes. L’auteur étudie aussi le cliché et le néologisme dans le secteur visuel (par exemple, le kitsch, et les néomorphismes des psychotiques).
Paradoxalement, le cliché est un riche sujet de discussion. Et qui refuserait de s’intéresser au langage rajeuni ? Quoique pleinement académique dans la minutie de sa recherche, ce livre n’est jamais solennel comme un hibou ni sec.
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Chapitre 17: Subtilité des mots-valises

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Subtilité des mots-valises

On vient de voir combien les racistes linguistiques sont inquiets au sujet du métissage, et pourtant le croisement de mots est un des termes bien français pour les mots-valises. Comme le calembour, celui –ci hiberne dans une langue jusqu’à ce que quelqu’un le réveille. Dans « la horde abjecte cinéphage », Céline découvre un rapport providentiel entre cinéma et –phage, et marie ces deux fragments pour ses desseins anti-démocratiques : les millions de gens qui ne se nourrissent que des vitamines fallacieuses du grand écran.2 En vieil anglais, un mot-valise « witcraft » [art de l’esprit] – mot qui est presque « witchcraft » [sorcellerie] – servirait assez bien de titre honorifique pour le mot-valise générique.3 Lorsqu’on pense aux espaces multiples d’aujourd’hui disponibles pour l’inscription : publicité aérienne, graffiti, affiches, étiquettes, écrans, autocollants, badges, aussi bien que le papier ; lorsqu’on reconnaît le désir contemporain d’économiser sur l’espace et le temps, on peut commencer à comprendre les raisons pour la diffusion très répandue de la concision. Le mixeur [the blender] est l’esprit universel, le « Renaissance Man » de la cuisine. Les mots-valises, qui sont des hybrides, nomment les hybrides : ligre, tigron, zébrule, brunch. En anglais, « meld » est un « meld » (un mélange de « meet » [rencontrer] et de « weld » [souder]). De nombreux emboîtements lexicaux sont des blagues lourdes de sous-entendus : « Santaclaustrophobia » décrit ce dont certains souffrent à Noël.

Attridge inventa le terme...

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