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Le Mort et le vif

Clichés/néologismes

Series:

Walter Redfern

Ce livre est une édition française repensée et mise à jour de The Dead and the Quick: Cliches and Neologisms in the Written, Spoken and Visual Cultures of Britain, the United States and France (1989, 2 e édition 2010).
Walter Redfern considère le langage comme alternativement réactionnaire et révolutionnaire. Les mots sont complices dans le cramponnement humain aux réalités périmées, et toutefois le langage ne cesse d’évoluer par des processus de déplacement et de remplacement. En sus de la nature apparemment statique des clichés, cette étude se concentre donc sur le potentiel dynamique des mots. La créativité linguistique est présentée comme essentielle dans la résistance à la réflexion (ou l’absence de réflexion) toute faite.
Parmi les nombreux sujets étroitement liés et qui sont analysés ici de près se trouvent : l’imitation, le plagiat, la rumeur, la pensée politiquement correcte, le jargon, l’euphémisme, la répétition, la caricature, les stéréotypes. L’auteur étudie aussi le cliché et le néologisme dans le secteur visuel (par exemple, le kitsch, et les néomorphismes des psychotiques).
Paradoxalement, le cliché est un riche sujet de discussion. Et qui refuserait de s’intéresser au langage rajeuni ? Quoique pleinement académique dans la minutie de sa recherche, ce livre n’est jamais solennel comme un hibou ni sec.
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Chapitre 20: Perdre la boule

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Perdre la boule

Après la crème de la crème, les marginalisés : enfants, femmes, et fous. Les femmes, les enfants, les déséquilibrés, et les nations naissantes essaient leur voix, et s’efforcent de trouver une langue qui soit à eux, avec laquelle ils pourraient rattraper et peut-être dépasser le discours pour la plupart masculin de l’adulte et de la nation avancée. « La créativité lexicale est fréquente dans le discours des enfants », affirme une chercheuse, Eve Clark.1 Un autre chercheur, Bréal, en parlant des extensions du vocabulaire, fait obsever que « les enfants y prennent une participation non négligeable : puisqu’ils héritent de la langue à un niveau de développement que les générations précédentes ont atteint, ils sont en général de dix à vingt ans en avance sur leurs parents. »2 Cela ouvre une perspective intéressante sur l’écart entre les générations. En ce qui concerne le langage et beaucoup d’autres choses, on ne devrait jamais dédaigner les enfants comme s’ils étaient des consommateurs passifs ou de simples perroquets. Ils adaptent ou inventent des mots pour leurs besoins souvent impénétrables. C’est une situation difficile, car les parents et d’autres adultes s’en mêlent, interprètent des sons, lisent derrière ce que disent les enfants, alors que la création verbale fait partie de la phase initiale de l’acquisition et le contr...

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