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Peter Kosminsky et la télévision britannique : itinéraire d’un réalisateur engagé

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Georges Fournier

Réalisateur britannique de fictions politiques, Peter Kosminsky a fait le choix d’investir une télévision aux potentialités politiques évidentes. Ses scénarios filmiques offrent un traitement holistique à une actualité récente, souvent abordée de manière parcellaire, voire sensationnelle.

L’examen des œuvres de Peter Kosminsky permet de mieux comprendre le caractère atypique de son parcours : comment, en optant pour la fiction il est parvenu à porter à l’attention de tous, un travail de questionnement des politiques gouvernementales au Royaume-Uni depuis les années 1990.

L’ambition de cet ouvrage, qui revient sur l’ensemble des films de Peter Kosminsky, est aussi de montrer comment la télévision britannique s’est emparée de la fiction à valeur documentaire pour retraiter l’actualité.

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I Un parcours singulier

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Parce qu’il fait le choix de la télévision, Peter Kosminsky obéit aux contraintes d’un média défini à l’origine par et pour l’information, et qui progressivement a évolué vers le distractif et en particulier la télé-réalité, ce que Jean Baudrillard appelle « le plus réel que le réel (le triomphe des simulacres) »5. Ses réalisations, des fictions-documentaires fondées sur des scénarios politiques, revendiquent la volonté d’informer différemment. Voilà un genre que les documentaristes de l’immédiat après-guerre ont façonné afin d’adapter le documentaire à la télévision et que cette dernière s’est graduellement approprié.

En optant pour la fiction-documentaire, qui colle à l’actualité et essaie d’en offrir des représentations remarquables par leur proximité au réel, Peter Kosminsky revendique une volonté d’informer le téléspectateur, plus que de le faire rêver ou de lui proposer une échappatoire à son quotidien. Si ce parti pris diminue considérablement la capacité d’abstraction de son propos, il en accroît notablement la justesse. D’ailleurs, plus la fiction-documentaire abonde en signes directement indexés sur le réel (noms de lieux, de personnes, etc.), plus elle s’enorgueillit d’être pertinente et de présenter une offre informationnelle susceptible de concurrencer la presse. Parce qu’elle souhaite être indiciaire, la fiction-documentaire ne sollicite que très peu l’imaginaire. Difficile, pour Peter Kosminsky, de revenir sur le suicide de David Kelly, de dénoncer les décisions prises...

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