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Justice, Droit et Justification

Perspectives transculturelles

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Edited By Jacques Poulain, Hans Jörg Sandkühler and Fathi Triki

Ce volume est consacré à une interrogation sur la signification des notions de « justice », « droit » et « justification » et à leur corrélation et contextualité culturelles. Étant donné que dans le monde dans lequel nous vivons, droit et justice ne coïncident pas a priori, l’énoncé « le droit se base sur la justice » serait donc un énoncé descriptif erroné. Les notions de « justice », de « droit » et de « justification » sont des éléments et fonctions de théorie normative. Ni l’idée de droit – la justice – ni le droit positif ne peuvent se comprendre comme une objectivité ontiquement « donnée » par la nature, par la raison ou par l’histoire, une objectivité que les sujets de droit n’auraient qu’à reconnaître. Le savoir et les actions morales s’élaborent dans les contextes du pluralisme des cultures épistémiques et des pratiques sociales. Les normes de conduite dérivent d’une multitude de versions culturelles du monde dans les contextes desquelles les perceptions du bien, de la justice, de l’acte juste, de la reconnaissance et de la réconciliation se différencient également. Le volume développe ces questions dans un esprit critique et dans la perspective transculturelle du dialogue arabo-allemand de l’UNESCO, auquel participent des spécialistes de l’épistémologie, de la philosophie politique, de l’histoire de la philosophie et des religions, notamment de l’Islam.

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Mohamed Ali Halouani Paradoxe et justice. Approche épistémologique des procédures de la justification 77

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77 Mohamed Ali Halouani Paradoxe et justice. Approche épistémologique des procédures de la justification Il ne fait pas de doute que les relations qu’entretiennent entre elles justice et injustice nous étonneront toujours par les aspects paradoxaux qui les caracté- risent. Alors qu’en effet l’injustice semble n’être pour nous que l’envers sombre et tragique de la justice, il nous faut reconnaître cependant qu’elle avait eu, durant toute l’Antiquité, une telle emprise sur les sociétés humaines que la pen- sée moderne, saturée par les traditions philosophiques et religieuses rationalistes, et en fin de compte égalitaristes, a du mal à lui reconnaître aujourd’hui, une gran- deur tout à fait étrange et insoupçonnée. Et en effet, ainsi que nous le suggère Platon à travers sa critique de l’héritage théogonique et cosmogonique grec, la justice, dans son acception classique aussi bien que moderne, avait rarement eu dans l’Antiquité, la dignité qu’on lui reconnaît aujourd’hui. N’avait-elle pas tou- jours été considérée comme un échafaudage fragile et éphémère dans le règne étendu et triomphant de l’injustice ?1 C’est, par exemple, la position défendue fermement par Thrasymaque dans La République de Platon, quoique tenue pour scandaleuse par maints commenta- teurs. Le juste y est paradoxalement défini comme l’avantage obtenu par le monopole de la force, c’est-à-dire en substance, comme le fruit d’une injustice, puisqu’il s’agit d’un avantage que procure l’usage de la force, lequel ne doit...

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