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Grammaire des couleurs

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Cécilia Bernez

Cet ouvrage propose une analyse inédite du lexique chromatique : le mot de couleur y est analysé systématiquement dans une perspective syntactico-sémantique ainsi que constructionnelle. Premièrement, l’étude se focalise sur la place d’unités comme rouge au sein du lexique en les comparant aux noms de qualité auxquels ils sont à tort assimilés, puis aux autres termes chromatiques, noms ( couleur, nuance …) et verbes ( colorer, nuancer …). La seconde partie définit les unités chromatiques issues d’opérations de construction : la conversion ( framboise), la composition ( rouge opéra, vert Véronèse) et l’assemblage syntaxiforme ( bleu de Prusse, rouge tyrien). Un nom étant toujours intégré, la relation entre propriété chromatique et référent (nom commun, nom propre) est au centre de la description.
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Chapitre II – Les Opérations Constructionnelles de Termes de Couleur

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1. Constituants et constitués

1.1. L’unité constituée

1.1.1. Corpus de Dubois & Grinevald (2003)

Nous empruntons le corpus ci-dessous à Dubois & Grinevald (2003) : il est tellement précis et détaillé qu’il nous semble dommage de ne pas profiter de cette source ; il ne concerne que le domaine des peintures artistiques et décoratives, mais donne un aperçu général de ce qui est possible dans tous les autres domaines. Elles utilisent (2003 : 83) :

« quatre nuanciers de peinture artistique (deux marques de peinture à l’huile (Sennelier et Blockx) et deux marques d’aquarelle (Sennelier et Schmincke), et quatre nuanciers de peintures décoratives de deux marques différentes (Avi et Valentine), chacune présentant deux sous-produits différents : laque brillante et laque satinée ».

Comme elles le disent elles-mêmes (ibid.) :

« Ce sont des représentations normées, codifiées, re-matérialisées de manière systématique, des couleurs ».

Le fait qu’elles soient « normées » ou « codifiées » pourrait poser un problème si la représentation n’était que symbolique et donc abstraite et subjective, si elle n’impliquait de fait aucune raison « logique et concrète » (s’opposant à « symbolique et arbitraire »), dans le sens où elles n’appartiendraient à aucun système, ce qui empêcherait tout calcul pragmatique pour interpréter une unité jamais entendue. Or si un locuteur lorsqu’il voit ses occurrences réussit à identifier une couleur, c’est parce qu’elles suivent...

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