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Cultures et mots de la table

Comment parle-t-on de la nourriture et de la cuisine en termes académiques, littéraires et populaires / argotiques ?

de Sabine Bastian (Éditeur de volume) Uta Felten (Éditeur de volume) Jean-Pierre Goudaillier (Éditeur de volume)
Comptes-rendus de conférences 312 Pages

Résumé

Le volume réunit les diverses recherches présentées lors du XIème Colloque International d’Argotologie de Leipzig 2017 par des spécialistes de littérature, linguistique et pédagogie de divers pays – Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Russie et Slovénie. Ils constituent un ensemble d’informations à propos de la manière, selon laquelle on parle de la nourriture, de la préparation des aliments, de la cuisine, de la gastronomie, ainsi que de l’action de manger en langue officielle, administrative, voire en langue standard, mais aussi en langue populaire et argotique. Ils permettent de comprendre quelles sont les fonctions exercées, lorsque l’on choisit un registre particulier de langue pour parler de nourritures diverses et de l’action de manger.

Table des matières

  • Cover
  • Titel
  • Copyright
  • Autorenangaben
  • Über das Buch
  • Zitierfähigkeit des eBooks
  • Préface
  • Sommaire
  • Liste des contributeurs
  • A Le Culinaire – L’argot et Le Standard
  • Le vocabulaire culinaire des sociolectes bulgares (entre l’orient et l’occident)
  • 14–18 : (Mal) Bouffe dans les tranchées françaises – corps en souffrance
  • Entre la bouffe et le pignouf : à propos de la production praxémique du sens d’un ethnotype
  • De la bonne chère à la bonne bouffe : remarques sur le langage des blogs culinaires français
  • Les dénominations métaphoriques en mycologie : étude des noms vulgaires et vernaculaires des champignons en français
  • La nourriture dans les langues des jeunes – analyse du lexique des jeunes Polonais
  • Le vocabulaire culinaire et gastronomique des parlers de Champagne et des Ardennes :
  • De la mayonnaise à la *soyonnaise : la créativité lexicale dans le vocabulaire de la cuisine végétale
  • B Études Contrastives – Traduction Du Culinaire
  • La « cochonnaille », source lexicale pittoresque et imagée en français et en espagnol
  • La graine et le mulet = Couscous au poisson ?
  • Sur quelques mots de la table en français et en polonais
  • Enquête sur le sentiment argotique en tchèque et en français : La thématique de l’argot de la table
  • Entre pissenlit et mnisza główka1étude comparative des noms tropiques des plantes médicinales en français et en polonais
  • La présence du français dans l’espagnol de la gastronomie : approche interculturelle
  • Intégration des emprunts dans le vocabulaire de la cuisine slovène – Leurs origines et leur avenir
  • C Littérature, Culture et Médias
  • Glace et cassis : Codifications érotiques du culinaire dans l’œuvre de Marcel Proust
  • “E Come ‘l Pan per Fame si Manduca – Ugolino della Gherardesca e le rappresentazioni del “Piacere della Gola” nella Divina Comedia di Dante Alighieri
  • Le rôle du bar dans le roman franco-africain Verre Cassé d’Alain Mabanckou et Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila
  • « Jouir par les Yeux » – Lifestyle et Art de la Table dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust
  • Un titre ne doit pas être comme un menu…
  • « Certes trois grains de grenade suffirent à faire s’en souvenir Proserpine. » Les codifications érotiques du culinaire dans Les nourritures terrestres d’André Gide
  • La « bouffe » dans le langage d’Aristide Bruant
  • La drogue et le poison dans l’univers romanesque de François Guillaume Ducray-Duminil
  • Liste des figures
  • Liste des tableaux

Liste des contributeurs

Marina Aragón

Universidad de Alicante

Departamento de Filologías Integradas,

Campus de San Vicente del Raspeig,

Ap. Correos 99

E-03080, Alicante, Espagne

marina.aragon@ua.es

Gueorgui Armianov

INALCO, Université Sorbonne Paris Cité

Centre de recherches Europe-Eurasie (CREE)

65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris

courriel : glarmianov@gmail.com

Prof. Sabine Bastian

Université de Leipzig

Institut für Angewandte Linguistik und Translatologie

Beethovenstraße 15

D 04107 Leipzig

courriel : sbastian@uni-leipzig.de

Prof. Dr. hab. Anna Bochnakowa

Institut de Philologie Romane

Université Jagellonne de Cracovie

Al. Mickiewicza 9/11

31-120 Kraków, Pologne

Courriel : anna.bochnak@uj.edu.pl

Alena Podhorná-Polická

Institut des Langues et Littératures romanes, Faculté des Lettres, Université Masaryk

Arna Nováka 1, 602 00 Brno (République tchèque)

podhorna@phil.muni.cz

Anne-Caroline Fièvet

EHESS – LSCP

29 rue d’Ulm

75005 Paris (France)

acfievet@gmail.com

Prof. Dr. Uta Felten

Institut für Romanistik

Universität Leipzig

Beethovenstraße 15

D-04107 Leipzig

courriel : felten@uni-leipzig.de

Anne Kathrin Gitter

Universität Leipzig

Institut für Romanistik

Beethovenstraße 15

D-04107 Leipzig

anne.kathrin.gitter@gmail.com

Julia Görtz

Adresse professionnelle à ajouter

courriel: phi11dyb@studserv.uni-leipzig.de

Professeur Jean-Pierre Goudaillier

Faculté SHS – Sorbonne

Université Paris Descartes (Paris 5)

45, Rue des Saints Pères

75270 Paris Cedex 06

courriel : jpg@paris5.sorbonne.fr

Prof. Dr. hab. Alicja Kacprzak

Institut d’Études romanes

Uniwersytet Łódzki

ul. Pomorska 171-173

90-236 Łódź

courriel : alicjakacprzak@wp.pl

←13 | 14→

Agnieszka Konowska

Institut d’Études romanes

Université de Łódź

ul. Pomorska 171/173

90-236 Łódź

courriel : ages@wp.pl

Máté Kovács

Eötvös Loránd Tudományegyetem

Bölcsészettudományi Kar

Francia Nyelvi és Irodalmi Tanszék

Múzeum krt. 4/C

H-1088 Budapest

courriel : kovacs.mate@btk.elte.hu

Joanna Krymarys

L’Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité

99 Avenue Jean Baptiste Clément

93430 Villetaneuse

krymarys.joanna@gmail.com

Anne-Marie Lachmund, M.Ed.

Institut für Romanistik

Universität Leipzig

Beethovenstraße 15

D-04107 Leipzig

courriel : anne-marie.lachmund@uni-leipzig.de

Andrzej Napieralski

Uniwersytet Łódzki

Wydział Filologiczny

Ul. Pomorksa 171.173,

91-404 Łódź

andrzej.napieralski@uni.lodz.pl

Montserrat Planelles Iváñez

Departamento de Filologías Integradas

Universidad de Alicante

03080 Alicante

España

Courriel : montserrat.planelles@ua.es

Gregor Perko

Filozofska fakulteta

Univerza v Ljubljani

Aškerčeva 2

SI-1000 Ljubljana

courriel : gregor.perko@ff.uni-lj.si

Tatiana Retinskaya

Université d’État d’Orel Tourgueniev (Russie)

95, rue Komsomolskaya

302026 Orel

courriel : tatiana.retinskaya@yahoo.fr

Mojca Schlamberger Brezar

Oddelek za prevajalstvo

Univerza v Ljubljani, Filozofska fakulteta

Aškerčeva 2

1000 Ljubljana

Slovenija

Courriel : mojca.brezar@ff.uni-lj.si

Immanuel Seyferth, M.Ed.

Institut für Bildungswissenschaften

Lehrstuhl für Allgemeine Pädagogik

Universität Leipzig

Dittrichring 5-7

D-04109 Leipzig

courriel : immanuel.seyferth@uni-leipzig.de

←14 |
 15→

Dávid Szabó

Université Eötvös Loránd (ELTE)

Centre Interuniversitaire d’Études Françaises

1088 Budapest

Múzeum krt. 4/F.

Hongrie

Courriel : szabo.david@btk.elte.hu

Łukasz Szkopiński

Université de Łódź

Instytut Romanistyki

ul. Pomorska 171/173

90-236 Łódź

Pologne

lukasz.szkopinski@uni.lodz.pl

Sylvia Úbeda

E.O.I. Departamento de Francés,

Calle Josep Lluís Barceló i Rodríguez Advocat, 1,

03202 Elche, Alicante, Espagne

Sylvia.ubeda@hotmail.com

Dr Agnieszka Woch

Instytut Romanistyki (Institut de Philologie Romane)

Uniwersytet Łódzki (Université de Łódź)

ul. Pomorska 170/171

90-236 Łódź

courriel : agnieszka.woch@uni.lodz.pl

Gueorgui Armianov

Le vocabulaire culinaire des sociolectes bulgares (entre l’orient et l’occident)

Résumé: L’article examine le vocabulaire culinaire non-standard bulgare, ses origines et son caractère lexical ainsi que les changements survenus depuis les dernières décennies du 19e siècle jusqu’à nos jours. L’étude est fondée sur un corpus tiré du discours quotidien, des plusieurs ouvrages littéraires et de la presse quotidienne. Au centre de l’analyse se trouve l’évolution de ce champ sémantique, l’abandon progressif des termes orientaux, l’introduction massive au cours du 20e siècle de nouveaux mots et expressions d’origine occidentale. Une attention particulière est prêtée au vocabulaire culinaire argotique des jeunes Bulgares, aux processus sémantiques et formels de changement de sens, ainsi qu’à la vie double de certains termes argotiques à l’intérieur de ce sociolecte le plus populaire en Bulgarie et dans un contexte familier plus large.

Mots-clés : bulgare standard, argot, sociolectes, langage familier, lexique oriental

1 Introduction

Le vocabulaire culinaire non-standard, et plus précisément sociolectal, n’a jamais été étudié en Bulgarie. Même si l’origine de certains termes, leur diffusion et leurs variations sont bien connues, d’autres restent toujours méconnus, alors que d’autres encore s’apprivoisent une étymologie populaire qui prétend être scientifique. Pourtant, ce vocabulaire présente plusieurs aspects très intéressants des contacts linguistiques dans les Balkans et en Europe et des procèdes formels et sémantiques de créations des termes.

Avant d’aborder la problématique spécifique, il semble important d’apporter quelques précisions quant à la question des relations entre la langue standard et les variétés non-codifiées, de leurs statuts respectifs, ainsi qu’aux termes principaux, notamment standard, non-standard et substandard, dans le contexte de la langue bulgare contemporaine.1 En Bulgarie, la classification des variétés langagières est traditionnellement construite autour de l’opposition entre deux éléments principaux : knižoven ezik ‘langue standard’ (litt. langue littéraire) et ←19 | 20→neknižovni formi ‘variétés non-standard’ (litt. formes non-littéraires). Pendant l’époque communiste, les travaux sur les variétés sociales ont été très limités, car elles ont été considérées comme une aberration langagière, une déformation de la langue, un résultat de la diversion idéologique capitaliste, voire un crime (Stojkov 1968, 245). Les dialectes régionaux, présentés comme le berceau naturel de la langue nationale, étaient la seule exception et faisaient objet de nombreuses recherches (Armianov 1995, 6–7). Les termes mêmes non-standard et substandard étaient rarement employés. Ils ont été analysés dans une certaine mesure dans les travaux du sociolinguiste M. Videnov (par ex. 2000, 141-190141–190), même s’il ne se prononce catégoriquement pas au sujet de leur similitude ou de leur substitution mutuelle.2

Pour les linguistes bulgares, le terme standard désigne uniquement la variété la plus élevée et la plus prestigieuse de la langue nationale, ayant des normes codifiées et utilisée dans les domaines de l’enseignement, des relations officielles, dans les médias nationaux, principalement à l’écrit, mais aussi à l’oral dans les discours officiels. En conséquence, toutes les autres variétés comme les dialectes régionaux, toujours très vivants et largement utilisés en Bulgarie, les sociolectes, les urbanolectes, ainsi que le langage familier et le langage populaire sont définis comme non-standard, sans que cela implique forcément qu’une variété est incorrecte ou inférieure, mais simplement que ce n’est pas la norme officiellement et socialement distinguée et approuvée.3

Du point de vue du prestige hiérarchique, dans le contexte linguistique bulgare, les dialectes régionaux, qui possèdent un système et une structure grammaticale et des normes bien précises (quoiqu’en principe non-écrites et non-codifiées), et qui se trouvent dans des relations très étroites avec le standard, sont placés juste en dessous, puisqu’ils ne possèdent pas le même statut national et encore moins le même prestige d’utilisation.

Les sociolectes et les nouveaux urbanolectes, établis autour de la structure et du système grammatical de la langue standard bulgare et d’une moindre mesure des dialectes régionaux, ne possèdent pas un système grammatical propre et ils n’ont pas des normes spécifiques et des règles linguistiques distinctes en vigueur. ←20 | 21→Ils prennent plutôt la forme d’un système fonctionnel, d’un vocabulaire particulier, dont le caractère est défectif et l’utilisation limitée à des cercles sociaux plus ou moins restreints. Ces variétés non-standard se situent plus bas sur l’échèle hiérarchique, en dessous des régiolectes, selon des critères comme la sphère d’utilisation, la diffusion, le niveau d’éducations des locuteurs, leur occupation, etc. (voir Fig. 1)

Fig. 1: Langue standard et variétés non-standard en Bulgarie

De ce fait, si sur la base de la norme et du statut officiel, toutes ces variétés régionales et sociales peuvent être définies comme non-standard, selon leur niveau de codification, leur fonctionnalité et leur structure interne, certaines peuvent prendre un caractère parallèle à la langue standard (comme les dialectes régionaux, variétés codifiées, mais non-standard), alors que d’autres resteront hiérarchiquement toujours en dessous du standard, comme le langage populaire, les argots, les urbanolectes. En conséquence, du point de vue normatif, les variétés sociolectales bulgares, dont le vocabulaire culinaire sera examiné et analysé dans cet article, pourront être classifiées comme non-standard et, en même temps, de point de vue hiérarchique, comme substandard.

2 Histoire et diversité régionale et sociale

Quand j’ai commencé l’analyse du vocabulaire culinaire argotique bulgare, j’ai décidé d’effectuer une courte enquête parmi mes collègues et étudiants. La seule question était : « Quel est le produit alimentaire avec lequel vous associez la Bulgarie ? ». La grande majorité des répondants (environ 65%) a indiqué le mot yaourt. Pour d’autres, c’étaient la « Shopska salade »4, le ←21 | 22→tarator5, la grozdova rakiya ‘eau-de-vie de raisin’, etc. Il était évident que dès qu’on évoque le nom de la Bulgarie, l’idée du « yaourt bulgare » émerge dans l’esprit de beaucoup de gens.

Il est intéressant de noter ici que le terme yaourt/yogourt apparaît probablement pour la première fois en Europe Occidentale dans le livre Le voyage d’outremer de Bertrandon de la Broquière. Dans les années 1432–1433, après avoir visité Jérusalem, il a traversé les pays occupés par les Turcs ottomans et a écrit : « Les Turquemans nous baillèrent une grande telle de lait caillé qu’ils appellent yogourt » (Broquière 1892, 89) ; (voir Fig. 2).

Fig. 2: Bertrandon de la Broquière, Le voyage d’outremer, Paris, 1892

Résumé des informations

Pages
312
ISBN (PDF)
9783631786956
ISBN (ePUB)
9783631786963
ISBN (MOBI)
9783631786970
ISBN (Relié)
9783631785621
Langue
Français
Date de parution
2019 (Juillet)
mots-clé
argotologie lexique traduction études comparatives des langues médias littérature
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2019. 312 S., 22 s/w Abb., 15 Tab.

Notes biographiques

Sabine Bastian (Éditeur de volume) Uta Felten (Éditeur de volume) Jean-Pierre Goudaillier (Éditeur de volume)

Sabine Bastian ist ordentliche Universitätsprofessorin i.R. am Institut für Angewandte Linguistik und Translatologie der Universität Leipzig. Forschungsschwerpunkte sind der deutsch-französische Sprachvergleich sowie soziolinguistische und translatologische Forschungen zur Argotologie. Sie ist designierte Vizepräsidentin der AEERAF. Uta Felten ist Universitätsprofessorin für Romanische Literatur- und Kulturwissenschaft mit den Schwerpunkten Französistik und Italianistik an der Universität Leipzig. Sie forscht in den Bereichen der Genderkultur und des modernen Kinos der Romania sowie zu Proust. Sie ist Leiterin des Centro interdisciplinare di Cultura italiana (CiCi) und des Interdisziplinären Forschungsseminars CGR. Jean-Pierre Goudaillier ist Professor an der Universität Paris Descartes. Forschungsschwerpunkte sind Argotologie und Soziolinguistik. Er war langjähriger Dekan der Fakultät SHS der Sorbonne, Inhaber der Leibniz-Professur 2013 an der Universität Leipzig und ist Ehrenpräsident der AEERAF (i.G.). Er ist Betreuer einer großen Zahl von Doktorarbeiten in verschiedenen europäischen Ländern.

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Titre: Cultures et mots de la table