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Philosophie profane ou profanation de la philosophie ?

Ce que permettent les pratiques du dialogue philosophique dans la Cité

de Claire Polo (Éditeur de volume) Johanna Henrion-Latché (Éditeur de volume)
©2026 Collections XX, 216 Pages

Résumé

Cet ouvrage questionne la pratique de la philosophie en dehors du cours disciplinaire, avec et pour une diversité de publics (écoles, prisons, bibliothèques, etc.) Il met en dialogue ces diverses pratiques avec des recherches universitaires de plusieurs disciplines afin d’offrir un éclairage varié sur ce que philosopher veut dire, et peut permettre. Quels sont les enjeux de l’engouement pour le recours à une telle philosophie « profane », souvent plébiscitée, mais à laquelle sont prêtées des vertus différentes ? Au-delà d’un mot d’ordre, que peut-elle offrir à la Cité sans se dénaturer, sans tomber dans le « philo partout, pensée nulle part » ?  Un collectif d’auteurs et autrices explorent ces questions avec rigueur, sans prétention à une position de surplomb mais en cherchant à comprendre le sens donné à leur pratique par les personnes qui les rendent possible ou en font l’expérience. Le lectorat y trouvera autant de clefs pour se construire une boussole éthique, selon ses propres préoccupations motivant son intérêt pour le dialogue philosophique.

Table des matières

  • Couverture
  • Page de titre
  • Page de droits d’auteur
  • Table des matières
  • Liste des Figures
  • Liste des Tableaux
  • Préface (Gaëlle Jeanmart)
  • Introduction (Claire Polo et Johanna Henrion-Latché)
  • Références
  • Chapitre Introductif La philosophie dans la Cité – Une approche renouvelée (Johanna Henrion-Latché)
  • 1. À quoi bon philosopher ? Le dilemme d’une histoire de la philosophie
  • 1.1. Philosopher dans la Cité : une pratique vivante
  • 1.2. L’étonnement comme moteur de réflexion
  • 1.3. Héritages antiques et figures fondatrices
  • 2. Une planche de salut philosophique pour les plus fragiles ?
  • 2.1. De la philosophie comme outil d’émancipation
  • 2.2. Vers une philosophie de l’intérieure évasion
  • 3. Quels vécus ressortent de ces pratiques profanes de la philosophie ?
  • 3.1. D’une philosophie de terrain
  • 3.2. Vers une philosophie conversationnelle
  • Références
  • Partie I À quoi bon philosopher ? La perception des apports de la philosophique profane entre promesses sociétales, objectifs pédagogiques et attentes existentielles
  • Références
  • Chapitre 1 Les représentations des apports du dialogue philosophique profane en France et au Québec – Entre perspectives anthropologique et utilitariste (Claire Polo, Anda Fournel, Justine Broussais, Mathieu Gagnon, Nadia Beaudry et Nadia Bélanger)
  • Introduction
  • 1. Ancrages théoriques
  • 2. Questions de recherche
  • 3. Méthode : enquête par entretiens semi-directifs
  • 3.1. Corpus : recueil et traitement
  • 3.2. Grille de codage : reprise, enrichissement et validation
  • 4. Résultats : apports multiples prêtés à la philosophie
  • 4.1. Inventaire global des apports prêtés au dialogue philosophique avec des publics profanes
  • 4.1.1. Commentaires sur la nature des apports inventoriés
  • 4.1.2. Quantification des fréquences : panorama sur l’ensemble du corpus franco-canadien
  • 4.2. Apports prêtés au dialogue philosophique par type d’acteur bénéficiaire
  • 4.2.1. Apports pour les publics
  • 4.2.2. Apports pour les personnes intervenantes
  • 4.2.3. Apports pour les structures
  • 5. Discussion
  • 5.1. Apports de la philosophie selon le statut des interviewés (QR1)
  • 5.2. Apports de la philosophie selon le contexte d’information (France/Québec) (QR2)
  • 5.3. Convergences ou divergences entre apports anticipés et constatés ? (QR3)
  • Conclusion
  • Références
  • Annexes
  • Annexe 1.1. Guide d’entretien semi-directif commun utilisé pour le recueil des données
  • Annexe 1.2. Grilles de codage des apports de la philosophie
  • Chapitre 2 De la capacité des enfants à dialoguer philosophiquement – Cas des synthèses spontanées en Discussion à Visée Philosophique et Démocratique (Lidia Lebas-Fraczak)
  • Introduction
  • 1. Opération de synthèse
  • 1.1. Caractéristiques de la synthèse
  • 1.2. Synthèse et pensée multidimensionnelle
  • 1.3. Synthèse et raisonnement
  • 2. Les synthèses spontanées dans le corpus A(p)prendre
  • 2.1. Méthode, critères et difficultés
  • 2.2. Analyse des occurrences
  • 2.2.1. Discussion « Pourquoi on se pose des questions ? »
  • 2.2.2. Discussion « Qu’est-ce que le destin ? »
  • 2.2.3. Discussion « Je est un autre »
  • 2.2.4. Discussion « Je est un autre » (Club philo)
  • 2.2.5. Discussion « Croire et savoir » (Club philo)
  • Conclusion
  • Références
  • Chapitre 3 Pratiquer le stoïcisme au XXIe siècle – Éclairage de la pertinence d’une posture de résilience à l’aune de la psychologie sociale (Alaric Kohler)
  • Introduction
  • 1. Éléments de philosophie stoïcienne à l’aune de la psychologie contemporaine
  • 1.1. L’efficacité des croyances révélée par la recherche
  • 1.2. Choisir ses croyances : une pratique stoïcienne de résilience
  • 2. Convergences de la vertu stoïcienne et de la psychologie pour répondre aux défis du XXIe siècle
  • 2.1. Pour coordonner l’individuel et le collectif : le dialogue
  • 2.2. Pour coordonner liberté et dépendance au milieu : le choix
  • 2.3. Pour coordonner l’altérité au soi : l’exhortation à la vertu
  • Conclusion
  • Références
  • Partie II Une planche de salut philosophique pour les plus fragiles ? Mettre la philosophie entre des mains marginales, ou le recours au dialogue philosophique avec des publics dits « fragiles »
  • Références
  • Chapitre 4 La pratique du philosopher en prison, entre visée humaniste et visée instrumentaliste (Valérie Radawiec)
  • Introduction
  • 1. L’objectif de la discussion à visée philosophique
  • 2. La discussion à visée philosophique, entre énoncés évaluatif et déontique
  • 3. Le cadre méthodologique de l’étude
  • 4. L’analyse de la discussion à visée philosophique sur le dilemme moral de Heinz
  • 5. Discussion : tension entre autonomie morale des sujets et conformation de citoyens obéissants
  • Conclusion
  • Références
  • Chapitre 5 « Non, moi je ne pense pas ! » – La déclaration d’incapacité à penser chez l’enfant : quels enjeux politiques dans cette forme de vulnérabilité intellectuelle ? (Johanna Hawken)
  • 1. Déclaration d’incapacité à penser, vulnérabilité intellectuelle et empêchement de penser
  • 1.1. La déclaration d’incapacité à penser. Exploration herméneutique
  • 1.2. Déclaration d’incapacité à penser et vulnérabilité intellectuelle : définition et relation
  • 1.3. Vulnérabilité intellectuelle, empêchement de penser et déclaration d’empêchement de penser
  • 2. Vulnérabilité intellectuelle, sentiment d’incapacité à penser et expérience politique
  • 2.1. Description du contexte social des enfants se déclarant en incapacité de penser
  • 2.2. Des sentiments structurant l’expérience politique des quartiers Cachin et de l’Horloge
  • 2.3. Sentiment de relégation politique et sentiment d’incapacité à penser
  • 2.4. Le sentiment d’impuissance de l’action politique
  • 2.5. Le sentiment de vacuité de la parole politique
  • 3. Les ateliers de philosophie et la déclaration d’incapacité à penser : quels leviers possibles face au sentiment de vulnérabilité intellectuelle ?
  • 3.1. Sentiment de relégation, d’incapacité à penser et expérience de soi comme penseur légitime
  • 3.2. Impuissance de l’action politique, de la pensée et expérience de l’efficience de la pensée
  • 3.3. Sentiments de vacuité de la parole, d’incapacité à penser et expérience du pouvoir de la parole
  • Conclusion : quelques hypothèses et une bouteille à la mer
  • Références
  • Partie III Quels vécus ressortent de ces pratiques profanes de la philosophie ? L’expérience du philosopher comme exploration socio-cognitivo-affective
  • Références
  • Chapitre 6 Le raisonnement métaphorique collectif – Faire l’expérience de la cognition incarnée lors d’une Communauté de recherche philosophique (CRP) (Sandra Lagrange-Lanaspre et Claire Polo)
  • Introduction
  • 1. Cadre théorique
  • 1.1. Métaphores et cognition incarnée
  • 1.1.1. Théorie des métaphores conceptuelles et verbo-gestualité
  • 1.1.2. Conception extensive de la cognition incarnée
  • 1.2. Le raisonnement métaphorique collectif
  • 1.2.1. Conceptualisation et raisonnement métaphorique
  • 1.2.2. Les métaphores verbo-gestuelles au cœur de la cognition sociale
  • 1.2.3. Rendre sa pensée visible : une condition pour raisonner à plusieurs
  • 2. Contexte, questions de recherche et hypothèses
  • 2.1. Situation pédagogique et collecte des données
  • 2.2. Questions de recherche et hypothèses
  • 3. Méthodologie : étude multimodale de la conceptualisation collective en CRP
  • 4. Résultats et discussion
  • 4.1. Raisonnement métaphorique collectif : analyses macroscopiques et mésoscopiques
  • 4.1.1. Les analogies finales comme modèles cognitifs de la pensée
  • 4.1.2. Opposition métaphorique dialectique entre deux modèles : se souvenir versus imaginer
  • 4.1.3. Émergence de utiliser des dossiers comme métaphore conceptuelle synthétisante (MCS)
  • 4.2. Complexification collective bimodale de la MCS au niveau microscopique
  • 4.2.1. Introduction de la métaphore : l’oubli est comme un dossier qu’on n’ouvre pas
  • 4.2.2. Précision de la métaphore par distinction conceptuelle : se souvenir « c’est (d’)ouvrir le dossier »
  • 4.2.3. Exploitation de la métaphore et élaboration d’un réseau conceptuel : déplacement entre des dossiers dans une immense salle d’archive
  • Discussion et conclusion
  • Références
  • Annexe. Conventions pour la transcription des extraits de dialogue
  • Chapitre 7 Des critères pour cartographier et sélectionner des dispositifs cherchant à soutenir la réflexion, le dialogue et le débat autour d’objets complexes (Audrey Groleau)
  • Introduction
  • 1. Mon propre questionnement sur les dispositifs cherchant à soutenir la réflexion, le dialogue et le débat autour d’objets complexes
  • 2. Un questionnement qui perdure
  • 3. La grille de critères
  • 3.1. Les intentions relatives à l’utilisation du dispositif
  • 3.2. Les aspects que le dispositif permet de documenter dans le cadre d’activités de recherche
  • 4. Les caractéristiques du dispositif
  • 4.1. La place prise par l’action sociale au moment d’employer le dispositif
  • 4.2. Les caractéristiques des discours produits
  • 4.3. La finalité de la discussion menée dans le contexte de l’utilisation du dispositif
  • 4.4. Les modalités d’utilisation du dispositif
  • 5. Les forces et difficultés du dispositif observées en classe ou dans la recherche
  • Conclusion
  • Références
  • Chapitre 8 Remarques conclusives. De la philosophie profane à la profanation philosophique – Quels temples demeurent à ouvrir ? (Claire Polo)
  • Références
  • Biographies des auteurs et autrices

Figures

Figure 4.1 : Codage des jugements normatifs

Figure 5.1 : Photographie du quartier Marcel Cachin en 1961

Figure 5.2 : Photographie d’une usine dans le Bas-Pays de Romainville dans les années 1960

Figure 6.1 : Émergence et reprise des cinq modèles cognitifs de la pensée au fil de la CRP

Figure 6.2 : Transcription de la phase d’introduction de la métaphore et illustration du geste 1

Figure 6.3 : Transcription verbale et illustration des gestes 3, 4, 6 et 7 (de gauche à droite) relevant de la phase de précision de la métaphore

Figure 6.4 : Transcription verbale de la phase d’exploitation de la métaphore et illustration des gestes 8, 9 et 10

Tableaux

Tableau 1.1 : Corpus de 33 entretiens semi-directifs menés en France et au Québec

Tableau 1.2 : Apports mentionnés pour les publics (nombre d’occurrences par thématique)

Tableau 1.3 : Apports pour les personnes qui animent (nombre d’occurrences par thématique)

Tableau 1.4 : Apports pour les structures (nombre d’occurrences par thématique)

Annexe 1.2A : Grille de codage des apports d’ordre utilitariste (anticipations et constats) pour les publics

Annexe 1.2B : Grille de codage des apports d’ordre anthropologique (anticipations et constats) pour les publics

Annexe 1.2C : Grille de codage des apports d’ordre utilitariste (anticipations et constats) pour les personnes intervenantes

Annexe 1.2D : Grille de codage des apports d’ordre anthropologique (anticipations et constats) pour les personnes intervenantes

Annexe 1.2E : Grille de codage des apports d’ordre utilitaristes (anticipations et constats) pour les structures

Annexe 1.2F : Grille de codage des apports d’ordre anthropologique (anticipations et constats) pour les structures

Tableau 2.1 : Extrait 1 – discussion Pourquoi on dit « c’est pas juste » ?

Tableau 2.2 : Extrait 2 – discussion Pourquoi on se pose des questions ?

Tableau 2.3 : Extrait 3 – discussion Pourquoi on se pose des questions ?

Tableau 2.4 : Extrait 4 – discussion Pourquoi on se pose des questions ?

Tableau 2.5 : Extrait 5 – discussion Pourquoi on se pose des questions ?

Tableau 2.6 : Extrait 6 – discussion Pourquoi se pose des questions ?

Tableau 2.7 : Extrait 7 – discussion Pourquoi on se pose des questions ?

Tableau 2.8 : Extrait 8 – discussion Qu’est-ce que le destin ?

Tableau 2.9 : Extrait 9 – discussion Qu’est-ce que le destin ?

Tableau 2.10 : Extrait 10 – discussion Je est un autre

Tableau 2.11 : Extrait 11 – discussion Je est un autre

Tableau 2.12 : Extrait 12 – discussion Je est un autre

Tableau 2.13 : Extrait 13 – discussion Je est un autre (Club philo)

Tableau 2.14 : Extrait 14 – discussion Croire et savoir (Club philo)

Tableau 6.1 : Grille de codage des modèles cognitifs

Tableau 6.2 : Grille de codage des traits conceptuels sources

Tableau 6.3 : Caractéristiques des trois modèles cognitifs se souvenir, imaginer et utiliser des dossiers tels qu’ils apparaissent lors du tour de table final

Préface

Gaëlle Jeanmart

Lorsque se pose la question de savoir si les « nouvelles pratiques philosophiques » représentent une philosophie profane ou si elles profanent la philosophie classique, c’est à l’aune de la légitimité que la question se pose : un café philo est-il bien de la philosophie ? Peut-on vraiment prétendre philosopher avec des enfants, des détenus au parcours scolaire chaotique ou des migrants qui parlent à peine le français ? En sont-ils bien capables ? Et nous, animateurs ou animatrices, savons-nous ce que nous faisons ou ce qui s’est passé au juste, sommes-nous si sûr.e.s que ces discussions que nous menons sont bien philosophiques ?

La question de la profanation peut se poser aussi depuis cet indice : ces ateliers de discussion sont « à la mode », valorisés comme moyens éducatifs selon des critères qui en vantent à la fois les vertus intellectuelles et pacificatrices ou citoyennes, critères qui engagent du même coup à soupçonner l’absence de la force corrosive et transformatrice de la philosophie dans deux dimensions : individuellement émancipatrice et politiquement critique des normes et des pouvoirs institués. La question de savoir si l’on philosophe effectivement dans ces ateliers n’est alors plus liée à la nature des opérations en jeu dans le philosopher (est-ce qu’on problématise, argumente, interprète ou conceptualise ?), mais aux effets politiques de ces discussions : servent-elles à élucider des enjeux de société, à se libérer d’une tutelle, à gagner en autonomie ou à produire des citoyens obéissants ?

Pour répondre à ces questions, qui semblent être celles des philosophes, on se trouve pourtant au carrefour de deux disciplines, les sciences de l’éducation, intéressées par les vertus éducatrices de ces discussions philosophiques qu’elles analysent avec leurs propres corpus théoriques et leurs méthodes (des verbatims décortiqués en s’appuyant sur des indices linguistiques jugés pertinents, des analyses appuyées sur des méthodes quantitatives de façon à produire de l’Evidence Based Éducation, etc.) et la philosophie, plus à même de cerner les opérations en lesquelles une discussion peut être dite philosophique et d’en clarifier les enjeux à la fois intellectuels, éthiques et politiques et qui utilise pour ce faire des façons de problématiser très différentes des méthodes des sciences de l’éducation. Nous voici devant la nécessité de travailler en interdisciplinarité en bonne intelligence – ce qui est heureux pour développer une vision plus holistique de cette tâche infiniment complexe d’éduquer/d’émanciper. Mais chacun sait : les carrefours sont aussi des lieux propices aux accidents de la route.

La rencontre des sciences de l’éducation et des philosophes autour de cette nouvelle pratique de la discussion philosophique dans la cité paraît à première vue déséquilibrée : intérêt marqué d’un côté, indifférence de l’autre. Les pédagogues partent d’un certain nombre de constats : nous avons besoin de parler, de tisser du commun par le dialogue, et nous avons besoin que parler ne soit pas bavarder, mais nous permette d’affronter nos problèmes avec un peu de recul affectif et de capacité dialectique. Nous en avons d’autant plus besoin que la guerre menace, que les liens sociaux ont tendance à s’appauvrir ou à se virtualiser, que la crise écologique est un enjeu qui lasse ou entretient l’impuissance, et que la participation citoyenne à la démocratie recule, faute d’une conviction qu’elle donne effectivement au démos les moyens de se gouverner lui-même. Les pédagogues peuvent alors vanter les mérites de la discussion philosophique pour répondre à ces besoins : elle permet le décentrement, l’accès à la diversité des points de vue et par là aussi à la complexité, elle travaille la curiosité pour en faire une méthode d’enquête sur soi, sur les autres et sur le monde, elle est œuvre d’intelligence collective, pratique fondatrice de la démocratie par le développement d’un art du dialogue même dans les désaccords. Elle est d’autant plus précieuse qu’elle se module dans des méthodes variées (CRP, DVDP, réfutation socratique, atelier ARCH, etc.) qui cherchent à donner une place à tous, les enfants et les détenus, par exemple, mais aussi les profils plus discrets, les silencieux, pour qui parler en groupe est une épreuve et ceux qui ne croient pas dans le pouvoir pacificateur ou émancipateur de la parole parce qu’ils ont éprouvé que leur parole ne comptait pas.

Bien des pédagogues veulent alors que tous philosophent, partout et sur tout. On réclame de commencer le plus tôt possible, presque dès la maternelle, et de philosopher dans les prisons, les hôpitaux, les entreprises, les Ehpad, les cafés, en randonnée, sur la nature, la maladie, la mort, le bien-être au travail, le harcèlement ou la place et les effets de l’IA.

Résumé des informations

Pages
XX, 216
Année de publication
2026
ISBN (PDF)
9783034363365
ISBN (ePUB)
9783034363372
ISBN (Broché)
9783034357227
DOI
10.3726/b24078
Langue
français
Date de parution
2026 (Octobre)
Mots Clés (Keywords)
Philosophie pour enfants communauté de recherche philosophique pédagogie dialogique vulnérabilité développement de la pensée argumentation collaborative raisonnement collectif vivre ensemble éducation aux controverses lien science-société
Publié
Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xx, 216 p., 7 ill. n/b, 32 tabl.
Sécurité des produits
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Notes biographiques

Claire Polo (Éditeur de volume) Johanna Henrion-Latché (Éditeur de volume)

Claire Polo est MCF à l’Université Lyon 2, laboratoire Éducation, Cultures, Politiques. Spécialiste de l’argumentation, elle étudie l’apprentissage dans ses aspects social, affectif et cognitif. Elle s’intéresse au dialogue philosophique comme dispositif de médiation et d’émergence de l’intelligence humaine. Elle a publié en 2020 Le débat fertile. Johanna Henrion-Latché est chercheuse à l’université de Reims Champagne Ardenne. Spécialiste de l’analyse des dialogues et des discours, elle étudie l’impact des interactions résilientes par les ateliers de philosophie.

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