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Recherche et écriture entre les langues et les cultures

Un processus itératif pour les étudiant.e.s en mobilité académique

by Sébastien Favrat (Author)
©2026 Monographs XX, 436 Pages
Series: Transversales, Volume 54

Summary

S’appuyant sur son expérience d’enseignant-formateur en français langue étrangère auprès d’un public international de doctorant.e.s, l’auteur s’interroge sur la nature et les causes des difficultés rencontrées par ces étudiant.e.s dans le processus d’acculturation permettant la réalisation de leur recherche. Son approche socio-anthropologique de la question inclut non seulement les écrits préparatoires des apprenti.e.s chercheur.e.s mais aussi leurs parcours de vie et d’apprentissage ainsi que les attendus d’une recherche doctorale formulés par un ensemble d’encadrant.e.s de thèse. D’où partent ces étudiant.e.s ? À quoi doivent-ils parvenir ? Comment les y aider ? Cette recherche qualitative en didactique des langues et des cultures montre comment ces personnes plurilingues disposent de stratégies et de capitaux à même de faciliter, dans une démarche itérative, leurs études doctorales. Elle donne à voir un ensemble d’évidences invisibles et de pratiques académiques « connues de personne, entendues par tous » dont l’appropriation est nécessaire à la réalisation d’une thèse. L’ouvrage s’achève par un ensemble de démarches didactiques accompagnées de leur corrigé, présentées sous forme de fiches exploitables en (auto)formation.

Table Of Contents

  • Couverture
  • Page de titre
  • Page de droits d’auteur
  • Dévouement
  • Sommaire
  • Table des figures et illustrations
  • Principales abréviations employées
  • Préface
  • Avant-propos
  • Introduction générale
  • Premiers constats et questions de départ
  • Positionnements
  • Intuitions scientifiques et objectifs de recherche
  • Étapes de la recherche
  • Un paysage scientifique original
  • Une université en pleine mutation
  • Une ouverture sur le monde croissante
  • Un doctorat inégalement réglementé
  • La discipline sciences du langage : une construction récente
  • La période coloniale (1871-1945)
  • Structuration du FLE comme discipline d’enseignement
  • Une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes
  • L’immédiat après-guerre (1945-1968)
  • Le printemps de la linguistique
  • Une nouvelle politique : la diffusion du français à l’étranger
  • La synthèse au sein des sciences du langage
  • Constitution universitaire d’une didactique du FLE
  • Besançon, « un lieu qui compte et qui a compté » pour les sciences du langage
  • Un terrain favorable et des pionniers
  • Mise en place d’une démarche d’acculturation universitaire : 1980-2000
  • Des nouveaux venus confrontés à une histoire
  • Un terrain, des personnes, des questions
  • Partie 1 Penser l’écriture de la thèse dans sa complexité
  • Chapitre 1 Enseigner l’écriture universitaire : quelques grands repères
  • Introduction
  • 1 L’écrit vu comme ensemble de textes
  • 1.1 Des réflexions anglophones anciennes et structurées
  • 1.1.1 Les Composition Studies : apprendre à écrire
  • 1.1.2 Writing Accross the Curriculum (WAC) / in the Disciplines (WID) : écrire pour apprendre
  • 1.1.3 Le domaine de l’English for Academic Purposes (EAP)
  • 1.2 Singularité des recherches francophones
  • 2 La focalisation sur les pratiques
  • 2.1 La sociologie et l’anthropologie comme disciplines contributoires de la didactique des langues et des cultures
  • 2.2 Un « printemps » britannique : les Academic Literacies
  • 2.3 De l’anthropologie à la didactique : apports du concept de littératie
  • 2.4 Champ scientifique et langue académique
  • 2.5 Vers une didactique de l’écriture doctorale
  • 3 Construire des connaissances dans un contexte universitaire français
  • 3.1 Parcours épistémologique autour de la notion de sujet
  • 3.1.1 Le sujet pensé
  • 3.1.2 Le sujet pensant
  • 3.1.3 Le sujet-objet d’étude
  • 3.2 De l’épistémologie au positionnement scientifique des chercheurs
  • 3.2.1 Un cartésianisme questionné
  • 3.2.2 Le point de vue phénoménologique de la didactique des langues
  • 3.2.3 La recherche en didactique des langues à l’Université de Franche-Comté
  • 3.3 Mobilité des sujets et/ou des concepts : la question des transferts
  • 3.3.1 Comment les concepts circulent
  • 3.3.2 Enjeux de la mobilité des chercheurs
  • 4 Repenser les écrits universitaires
  • 4.1 Le français pour étudiants internationaux : quel(s) contexte(s), quel(s) statut(s) ?
  • 4.2 Penser et écrire, écrire en pensant
  • Conclusion : Un regard renouvelé sur l’écriture de la thèse
  • Chapitre 2 Comment faire parler les textes et leurs (co)auteurs ?
  • 1 Approche des sujets dans leur globalité
  • 1.1 Choix d’une démarche qualitative interprétative
  • 1.2 La thèse vue comme fait social
  • 2 Démonter les mécanismes de l’écriture doctorale
  • 2.1 Des thèses en train de se faire
  • 2.2 Replacer les textes dans la vie et les logiques des auteurs
  • 2.2.1 Conceptions de l’entretien
  • 2.2.2 Quel(s) lien(s) entre parcours de vie et cheminement scientifique ?
  • 2.2.3 Comprendre les processus rédactionnels
  • 2.2.4 Aspects matériels : lieux, enregistrement, transcription
  • 2.3 Connaître les attendus épistémologiques et rédactionnels des encadrants
  • 2.4 Exemples de thèses réussies en sciences du langage
  • 3 Faire parler les corpus
  • 3.1 Une méthode qualitative interprétative
  • 3.1.1 L’analyse de contenu
  • 3.1.2 L’analyse de discours
  • 3.2 Outils de la linguistique textuelle
  • Partie 2 L’écriture au cœur d’un système : analyses et propositions
  • Chapitre 3 Du côté des encadrant.e.s : « il faut une certaine audace »
  • 1 S’insérer dans la communauté en observant les normes
  • 2 La controverse sur l’écriture et la pensée
  • 3 Élaborer un rapport au monde, aux autres et à soi
  • 3.1 Se singulariser par l’orientation de sa recherche
  • 3.2 Adopter une attitude critique vis-à-vis des théories
  • 3.3 S’affirmer face au directeur de thèse
  • 3.4 Élaborer une image de chercheur à travers le style
  • 3.5 Gérer la tension entre engagement et distanciation
  • 3.6 Accepter les changements induits par sa recherche
  • 4 Des obstacles multiples pour les doctorants internationaux
  • 5 Synthèse : des attendus paradoxaux
  • Chapitre 4 Du côté des doctorant.e.s : la « bonne thèse », tout un art ?
  • 1 Des travaux représentatifs de la variété des ancrages locaux
  • 2 Une démarche pour radiographier des textes longs
  • 3 Structurer avec originalité : enjeux des plans de rédaction
  • 3.1 La mise en forme : un premier contact visuel déterminant
  • 3.2 Enjeux d’une architecture classique ou audacieuse
  • 3.3 Le sel de la thèse : des titres « parlants »
  • 4 La vitrine de la thèse : introductions et conclusions
  • 4.1 Préciser, distinguer, définir : montrer son savoir-faire
  • 4.2 Écrire la complexité sans égarer le lecteur
  • 4.3 Se faire chercheur : je, on, nous ?
  • 4.4 Employer les verbes du chercheur
  • 4.5 Revêtir l’habit du chercheur
  • 5 S’approprier les théories : le lieu du scripteur-expert
  • 5.1 Ré-agencer les apports théoriques et faire entendre sa voix
  • 5.2 Avancer sans se disperser : gérer la progression textuelle
  • 5.3 Des opérations d’une complexité croissante
  • 6 Deux grandes familles analytiques
  • 6.1 Pourquoi les auteurs font ce qu’ils font
  • 6.2 Une démarche majoritaire de type inductif
  • 6.3 Le particularisme du traitement automatique des langues
  • 6.4 Annoncer ses résultats
  • 6.5 Des lieux où se rend visible la barre épistémologique
  • 7 Faire état de son assise scientifique
  • 8 Synthèse : une écriture qui institue le chercheur
  • Chapitre 5 La mobilité académique doctorale, entre choix et nécessité
  • 1 « Je ne suis pas ici pour le plaisir » : Rahma, ou la thèse comme combat
  • 1.1 Des freins présents à tous les niveaux
  • 1.2 La diversité des capitaux disponibles
  • 1.3 Une forte capacité à opérer des bifurcations
  • 1.4 Conclusion : écarts entre capitaux, enjeux personnels et réalités du contexte universitaire d’accueil
  • 2 « J’ai besoin de repos » : Shafika, entre espoirs et déconvenues
  • 2.1 Des défis à relever
  • 2.2 La diversité des capitaux à disposition
  • 2.3 « Je fais comme un repas […], un mélange de ci de ça » : des stratégies inventives
  • 2.3.1 Stratégies d’adaptation
  • 2.3.2 Stratégies de bifurcation
  • 2.3.3 Stratégies de négociation
  • 2.4 Conclusion : une victoire à la Pyrrhus ?
  • 3 « J’ai presque tout compris, j’ai tout appris par cœur » : Baha, la gageure de la thèse encyclopédique ?
  • 3.1 Déviations, retards, détours et tensions
  • 3.2 Des stratégies payantes sur le long terme
  • 3.2.1 Stratégies d’ajustement
  • 3.2.2 Stratégies de bifurcation
  • 3.2.3 Stratégies de négociation
  • 3.3 Le rôle fondamental du capital culturel
  • 3.4 Conclusion : redonner du sens à la vie
  • 4 « Le français m’a aidé à bien comprendre ma langue maternelle ». Abder, une thèse-miroir pour mieux se connaître ?
  • 4.1 Un projet ambitieux
  • 4.2 Surmonter les obstacles en s’adaptant
  • 4.2.1 Stratégies de bifurcation
  • 4.2.2 Stratégies de négociation
  • 4.2.3 Stratégies d’adaptation
  • 4.3 Savoir et savoir être : l’importance du capital culturel et social
  • 4.4 Une thèse d’ouverture ?
  • 5 « Je me suis dit peut-être je pourrais faire quelque chose pour aider » : Paco, la recherche comme intervention
  • 5.1 Des obstacles dirimants ?
  • 5.2 Virer de bord, tenir le cap
  • 5.2.1 Stratégies de bifurcation
  • 5.2.2 Stratégies d’adaptation
  • 5.3 Des capitaux diversifiés
  • 5.4 Conclusion : un retour symbolique au Pérou ?
  • 6 « Chez nous, faire des grandes études c’est très important ». Li, la thèse comme projet familial ?
  • 6.1 « C’était difficile, je comprenais pas trop ce qu’ils disaient ». Le manque d’appuis et de repères face au dépaysement
  • 6.2 Des stratégies élaborées collectivement
  • 6.2.1 Stratégies de médiation
  • 6.2.2 Stratégies de réorientation
  • 6.2.3 Stratégies d’adaptation
  • 6.3 L’importance fondamentale des « grandes études »
  • 6.4 Conclusion : Tensions entre culture d’origine et insertion doctorale
  • 7 Synthèse : des convergences surprenantes
  • Chapitre 6 Dans l’atelier de l’apprenti chercheur
  • 1 Des thèses représentatives du contexte bisontin
  • 2 Une appropriation incomplète de la littératie doctorale
  • 2.1 Méconnaissance des conventions formelles de l’écrit de recherche
  • 2.2 Ruptures de registres
  • 2.3 Aberrations discursives et lexicales
  • 2.4 Maîtrise des outils pour construire sa pensée
  • 3 (In)adéquation de la posture de chercheur avec le paysage scientifique local
  • 3.1 Positionnement face aux sources et emprunts
  • 3.2 Construire sa singularité de chercheur autonome
  • 3.3 « Je est un autre » : comment être sujet et objet de sa recherche ?
  • 3.4 Adopter une démarche heuristique claire et cohérente
  • 4 Maîtrise incomplète de l’écriture transmissive
  • 4.1 Guider le lecteur : parcours balisé ou chemin du Petit Poucet ?
  • 4.2 Se décentrer pour éclairer le lecteur
  • 5 Synthèse : des problèmes d’outils, de guidage, de postures
  • Chapitre 7 Trois grande directions pour faire progresser l’écriture de recherche
  • 1 Qu’attend-on des jeunes chercheurs, en somme ?
  • 2 Quels sont les obstacles repérés ?
  • 3 En conséquence : quelques pistes didactiques
  • 3.1 Le double apprentissage du métier de doctorant venu d’ailleurs
  • 3.2 Renforcer l’élaboration de la littératie doctorale
  • 3.2.1 Faciliter l’appropriation des normes
  • 3.2.2 Apprendre à mieux guider les lecteurs
  • 3.3 Prendre conscience des enjeux épistémologiques de l’écriture de recherche
  • 3.3.1 Se découvrir en Monsieur Jourdain de l’épistémologie
  • 3.3.2 Découvrir des épistémologies issues de différents contextes scientifiques français
  • 3.3.3 Réajuster / redéfinir ses positions, les mettre en œuvre dans sa recherche
  • 3.4 Tirer parti de son capital plurilingue et pluriculturel
  • 3.4.1 Le plurilinguisme, une longueur d’avance
  • 3.4.2 Exploiter son capital d’expériences interculturelles
  • 3.5 Clore, mais aussi rouvrir et poursuivre
  • Conclusion générale
  • Références bibliographiques
  • Usuels, référentiels, textes officiels
  • Table des matières

Table des figures et illustrations

Figure 1 : Classement des courants didactiques relatifs à l’écrit universitaire dans le monde anglophone (adapté de Wingate, 2012)

Figure 2 : Arbre de l’enseignement de la langue anglaise (Hutchinson & Waters 1987 : 17)

Figure 3 : Les quatre pratiques citationnelles de l’écrit scientifique selon Boch (2013 : 558)

Figure 4 : Échelle évaluant la prise de position induite, dans le discours scientifique, par différentes formulations de citations (adaptée de Coffin, 2009 et Hu & Wang, 2013)

Figure 5 : Analyse de contenu de la présentation de l’équipe « Didactiques » ELLIADD (2015)

Figure 6 : Tableau récapitulatif de l’ensemble des données exploitées

Figure 7 : Composition du corpus 4 « Brouillons de thèses »

Figure 8 : Présentation des échanges avec les directeurs de thèse (Corpus 1)

Figure 9 : Présentation des quatre thèses « réussies » analysées (Corpus 2)

Figure 10 : Démarche générale d’analyse des corpus 1 et 2

Figure 11 : Démarche générale d’analyse des corpus 3 et 4

Figure 12 : Présentation des quatre thèses analysées

Figure 13 : Structure des thèses de Véga et de Pégase

Figure 14 : Structure des thèses de Sirius et de Cassiopée

Figure 15 : Énoncés propres à l’activité de recherche dans les introductions de thèses réussies

Figure 16 : Types de prise de position par rapport aux sources citées dans les passages théoriques du corpus 2

Figure 17 : Typologie des opérations réalisées dans les passages théoriques analysés

Figure 18 : Cassiopée, première phase des analyses de corpus

Figure 19 : Cassiopée, deuxième phase des analyses de corpus

Figure 20 : Cassiopée, troisième phase des analyses de corpus

Figure 21 : Cassiopée, quatrième phase des analyses de corpus

Figure 22 : Pégase, analyse de corpus

Figure 23 : Véga, analyse de corpus

Figure 24 : Sirius, analyse de corpus

Figure 25 : Marques de modalisation dans les analyses de corpus (Sirius, Véga, Pégase, Cassiopée)

Figure 26 : Extraits des quatre bibliographies de thèses

Figure 27 : Présentation des six doctorants participant à cette étude (rappel)

Figure 28 : Parcours de Rahma

Figure 29 : Parcours de Shafika

Figure 30 : Parcours de Baha

Figure 31 : Parcours d’Abder

Figure 32 : Parcours de Paco

Figure 33 : Parcours de Li

Figure 34 : Shafika, analyse de corpus, [99], soulignements de l’auteure

Figure 35 : Baha, analyse de corpus, [24]

Figure 36 : Abder, analyse de corpus [II, 7], notre soulignement

Figure 37 : Abder, analyse de corpus [II, 6], notre soulignement

Figure 38 : Niveaux d’acceptabilité des textes doctoraux

Figure 39 : Résultat de la recherche « se planter une balle dans le pied » par le moteur google.fr (capture d’écran)

Figure 40 : Résultat de la recherche « trouvons + adjectif » dans le corpus Sciences Humaines de Scientext (capture d’écran)

Figure 41 : Questionnaire d’auto-évaluation des postures épistémologiques

Principales abréviations employées

Sigle / acronyme Signification

AF Alliance Française

AIU Alliance Israélite Universelle

BELC Bureau d’Enseignement de la Langue et de la Civilisation française à l’étranger

CAPES Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré

CAREL Centre Audiovisuel de Royan pour l’Étude des Langues

CASNAV Centre Académique pour la Scolarisation des enfants allophones Nouvellement Arrivés et des enfants de familles itinérantes et de Voyageurs

CAVILAM Centre d’Approches Vivantes des Langues et des Médias

CCF Centre Culturel Français

CECRL Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues

CIEP Centre International d’Études Pédagogiques

CLA(B) Centre de Linguistique Appliquée (de Besançon)

CNED Centre National d’Enseignement à Distance

CNRS Centre National de la Recherche Scientifique

CNU Conseil National des Universités

COMUE Communauté d’Universités et d’Établissements

CREDIF Centre de Recherche et d’Étude pour la Diffusion du Français

CRIT Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles

CUEF Centre Universitaire d’Études Françaises

DEA Diplôme d’Études Approfondies

DELF / DALF Diplôme Élémentaire de Langue Française / Diplôme Avancé de Langue Française

DEUG Diplôme Universitaire d’Études Générales

DGRC Direction Générale des Relations Culturelles

EAP English for Academic Purposes

ED LECLA École Doctorale Lettres, Communication, Langues, Arts

ED LETS École Doctorale Lettres, Espaces, Temps, Sociétés

ELLIADD Édition, Littératures, Langage, Informatique, Arts, Didactique, Discours

ELT English Language Teaching

EOP English for Occupational Purposes

EFLE École de Français Langue Étrangère (Université de Lausanne)

EPPFE École de Préparation des Professeurs de Français à l’Étranger

ESP English for Specific Purposes

ESPE / INSPE École Supérieure du Professorat et de l’Éducation / Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation

FLM / FLE / FLS Français Langue Maternelle / Étrangère / Seconde

FOS / FOU Français sur Objectif(s) Spécifique(s) / sur Objectif(s) Universitaire(s)

FYC First Year Composition

HCERES Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur

HDR Habilitation à Diriger des Recherches

IF Institut Français

INALCO Institut National des Langues et Cultures Orientales

INSEE Institut National de la Statistique et des Études Économiques

MAE Ministère des Affaires Étrangères

MENESR Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

MLF Mission Laïque Française

OCDE Organisation de Coopération et de Développement Économiques

OFII Office Français de l’Immigration et de l’Intégration

PVU Passerelle Vers l’Université

SdL Sciences du Langage

SIC Sciences de l’Information et de la Communication

SLHS Sciences du Langage, de l’Homme et de la Société

TAL Traitement Automatique des Langues

TCF-DAP Test de Connaissance du Français pour la Demande d’Admission Préalable

UBFC Université Bourgogne - Franche-Comté

UFC Université de Franche-Comté (Marie et Louis Pasteur depuis 2025)

UFR Unité de Formation et de Recherche

UNESCO United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization

WAC Writing Across the Curriculum

WID Writing In the Disciplines

Préface

L’ouvrage de Sébastien Favrat, issu de sa thèse doctorale1 remaniée à des fins de publication chez Peter Lang, porte sur les difficultés rencontrées dans la conception de la recherche et dans la rédaction de leur thèse par les doctorants étrangers, allophones, dans un environnement académique, ici français. Ce sujet est d’autant plus pertinent qu’il s’inscrit dans un contexte très compétitif d’internationalisation des établissements du supérieur. Or la réussite de ces doctorants constitue la « vitrine » par excellence de l’université d’accueil.

L’auteur a l’avantage de partir du terrain puisqu’il a formé ces doctorants internationaux en français à des fins universitaires au Centre de linguistique appliquée à Besançon et a pu observer in vivo les difficultés à la fois d’écriture et d’insertion socio-académique de ses publics. Il se pose la question légitime : d’où viennent ces difficultés ? Sont-elles d’origine linguistique, discursive, méthodologique, sociale, culturelle, économique, voire épistémologique ? Ces interrogations en impliquent d’autres encore plus fondamentales : que devons-nous savoir sur les références, pratiques, rapport au savoir des publics étrangers que nous formons ? Mais plus important : que devons-nous savoir, nous en tant que formateurs, sur notre propre système, nos propres références et pratiques, notre propre rapport au savoir, pour pouvoir cerner et anticiper les besoins spécifiques de ces publics qui doivent réussir leur insertion socio-académique et mener au bout leur projet d’études ?

Ces deux grands axes de réflexion constituent la colonne vertébrale de sa problématique. Sébastien Favrat a pointé le fait qu’il n’y avait pas (ou peu) d’espace pensé au sein de l’institution ni pour cette problématique ni pour la préparation de ces étudiants. Or il montre bien que le doctorant étranger doit se (re)construire, en tant qu’étudiant, dans une triple étrangéité : dans une langue étrangère et un discours scientifique situé, une culture académique étrangère et ses normes, dans une spécialisation qui, conçue autrement, lui est devenue étrangère ou une nouvelle discipline que le doctorant doit s’approprier en très peu de temps.

L’auteur a joué la carte de la contextualisation et de l’historicisation au niveau macro (histoire des politiques universitaires, du cadre doctoral et de l’internationalisation), méso (brève histoire de l’institution, de la constitution des sciences du langage et de l’émergence du FLE et des langues dans ce champ), micro (doctorants et histoires de vie) et de ce fait a établi une très grande cohérence entre ces trois niveaux.

Il a investigué les théories et pratiques existantes dans un domaine complexe en pleine émergence, la littératie doctorale, héritière de champs « établis » comme le FOS ou le FOU, tout en proposant à son tour des approches théoriques et méthodologiques innovantes.

Son approche méthodologique multimodale lui a permis de prendre en charge la complexité de sa problématique et d’offrir ainsi plusieurs angles d’attaque pour mieux les croiser, en confrontant les doctorants interviewés et leurs brouillons de thèse. Il a également mis en perspective d’autres corpus : entretiens avec des directeurs de thèse et thèses que ces derniers ont indiquées comme « réussies ». Ces confrontations croisées lui ont permis de dégager les attendus académiques à différents niveaux : identification des pratiques discursives et des postures épistémologiques implicites mais aussi analyses des écarts entre attendus et réalités des doctorants en milieu francophone (ici français).

L’auteur nous offre un renversement de posture, s’éloignant des pratiques et attendus académiques du milieu universitaire français et se rapprochant d’une démarche scientifique encouragée dans les milieux académiques suisses francophones : en effet l’auteur est parti du terrain, des acteurs et pas uniquement de théories surplombantes issues des sciences du langage et de la didactique des langues, ce qui lui a permis d’élargir le champ théorique et de construire progressivement une posture interdisciplinaire dans un va et vient constant entre terrain et théorie.

Dans les pistes didactiques proposées, ressortent des propositions concrètes intéressantes, dont :

  • une démarche d’introspection socio anthropologique à travers des récits de vie : l’identification du parcours et du capital expérientiels des étudiants (qu’ils soient linguistique, social, culturel, universitaire et / ou mobilitaire acquis dans leur pays puis à l’étranger ou dans divers étrangers) à travers son récit de soi, de ses langues, mobilités, capitaux devrait faciliter le passage d’un contexte académique à un autre ;
  • un processus de conscientisation à travers des activités ciblées : les doctorants étrangers développent des capacités d’adaptation socio-universitaire et des compétences linguistiques, discursives, rhétoriques, organisationnelles, etc. dont ils n’ont pas conscience, mis à part le français oral et le français académique. Or cette conscientisation de leur « métier d’étudiant » à acquérir entre au moins deux langues et deux cultures universitaires fait partie intégrante de la préparation didactique.

L’auteur reconnaît que le fait d’être confronté à des thèses « réussies », à des brouillons de thèses où il a pu repérer et typifier les obstacles rencontrés par les doctorants, etc. a eu un impact non négligeable sur son propre travail car il s’est ainsi appuyé sur ses propres analyses pour s’autocorriger et s’autoguider.

Dans ce sens, cet ouvrage est davantage qu’un ouvrage sur l’écriture et la recherche en milieu académique étranger. C’est l’analyse d’un processus inédit, celle d’une «thèse-en-train-de-se-faire », tout en investiguant les problèmes rencontrés dans «des thèses-en-train-de-se-faire » chez ses informateurs. Ce double cheminement réflexif n’est pas sans rappeler « le théâtre dans le théâtre » et ses mises en abîme.

L’auteur nous offre une approche originale dont les apports tant didactiques qu’épistémologiques sont très prometteurs. Elle s’appuie à la fois sur une pratique du doute, une approche systémique en « enchâssement » et une stimulante « maïeutique » qui n’entravent à aucun moment la prise de risque scientifique.

Fait à Lausanne, le 18 mars 2025
Aline Gohard-Radenkovic
Professeure émérite de l’Université de Fribourg, Suisse

Details

Pages
XX, 436
Publication Year
2026
ISBN (PDF)
9783034360456
ISBN (ePUB)
9783034360463
ISBN (Softcover)
9783034360449
DOI
10.3726/b23049
Language
French
Publication date
2026 (July)
Keywords
Français langue étrangère didactique de l’écrit écriture de la thèse étudiants internationaux littératies universitaires mobilités académiques épistémologie de la recherche
Published
Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xx, 436 p., 9 ill. en couleurs, 40 ill. n/b, 6 tabl.
Product Safety
Peter Lang Group AG

Biographical notes

Sébastien Favrat (Author)

Sébastien Favrat est Maître d'Enseignement et de Recherche (MER) à l'EFLE de l'Université de Lausanne dans les domaines du FLE/FOU et de la didactique des langues. Il est membre de l’équipe DILTEC de l’université Sorbonne Nouvelle à Paris. Ses travaux portent sur l’insertion académique des étudiants internationaux, le français sur objectifs universitaires, les mobilités académiques et les écarts entre cultures de recherche.

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