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L’Éducation nouvelle entre science et militance

Débats et combats à travers la revue «Pour l’Ère Nouvelle» (1920–1940)

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Béatrice Haenggeli-Jenni

Cet ouvrage étudie l’Éducation nouvelle dans ses dimensions scientifiques et militantes. Porté par des praticiens convaincus qu’une réforme de l’école pourra transformer le monde, le mouvement attire aussi des scientifiques persuadés que la science a un rôle à jouer dans la quête d’une harmonie entre les hommes. Tous se rejoignent dans la volonté de construire une éducation basée sur une connaissance scientifique de l’enfant : selon eux, la pédagogie ne doit plus être un art mais une science.

Ce livre s’intéresse à la relation qu’entretiennent ici la science et la militance : quelle est la part de l’une et l’autre dans les revendications de l’Éducation nouvelle ? Comment le discours scientifique se mêle-t-il au discours militant ? Qui sont les acteurs engagés dans le mouvement et comment concilient-ils ces deux facettes dans leur activité ?

Dans une démarche d’histoire sociale, cet ouvrage puise ses apports dans la lecture fine d’une revue emblématique du mouvement, organe de la Ligue internationale pour l’Éducation nouvelle. Il étudie les questions en débat telles que les méthodes d’enseignement, le rôle du maître, la place des savoirs scolaires ou la liberté en éducation. Ce livre attache une importance particulière aux acteurs engagés pour cette cause et s’intéresse à leurs profils, réseaux et activités aux niveaux local et international.

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Chapitre 4: Espaces de construction, terrains partagés

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CHAPITRE 4

ESPACES DE CONSTRUCTION, TERRAINS PARTAGÉS

Pour donner corps à leurs revendications de réforme, les acteurs de l’Éducation nouvelle s’activent dans divers lieux institutionnels, publics ou privés, qui constituent leur «terrain d’expérimentation». Parallèlement, ils s’engagent au sein de divers groupes et associations qui, de par leur caractère institutionnel, apportent une dimension «formalisée» à leurs revendications et contribuent à leur reconnaissance. Nombre d’acteurs participent aux manifestations organisées par ces groupements et rédigent des articles pour les revues ou bulletins qu’ils publient. Comme le montrent les travaux de Hofstetter et Schneuwly (2002, 2007), l’implication des acteurs dans ces diverses structures s’inscrit dans un processus d’institutionnalisation et de disciplinarisation des sciences de l’éducation auquel les mouvements réformistes tels que l’Éducation nouvelle sont étroitement liés. Pourtant, dans les premières décennies du 20e siècle, le mouvement se développe «selon des formes disciplinaires traditionnelles (associations de chercheurs, institutions, revues et congrès) et peine à trouver une assise institutionnelle» (2002, p. 10). Selon ces auteurs, «ni la pédagogie expérimentale, ni la pédologie, ni même la psychologie de l’éducation ne s’installent de plein droit à l’université» (2002, p. 11). Il faudra attendre les années 1960 pour qu’une institutionnalisation durable des sciences de l’éducation se développe dans la plupart des pays occidentaux.

Ce chapitre vise à mieux comprendre comment se manifestent les prémices de cette institutionnalisation. Plus précisément,...

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