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Le débat interprétatif dans l’enseignement du français

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Ana Dias-Chiaruttini

Le débat interprétatif est apparu en France au début des années 2000. Il accompagne le renouvèlement de l’enseignement de la littérature à l’école primaire et peut être considéré comme emblématique des changements attendus. Cette étude retrace son émergence. Elle éclaire le contexte favorable au débat dans toutes les disciplines scolaires, l’évolution des approches du concept interprétation, les apports de certains travaux, notamment les théories de la réception, ainsi que les apports des travaux sur les notions de lecture littéraire et sujet lecteur. L’ouvrage montre, par ailleurs, comment les enseignants l’intègrent dans leurs pratiques. Entre résistance, recyclage et renouveau, le format de la leçon de lecture évolue, le schéma de la communication également. Le débat interprétatif absorbe d’autres formes du discours sur les textes littéraires, se transforme et réinvente un enseignement singulier de la littérature à l’école primaire.
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CONCLUSION GÉNÉRALE

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L’émergence et la formalisation du DI relèvent d’un maillage complexe de ruptures et de continuités. Les ruptures sont tout d’abord épistémologiques. La formalisation du genre repose sur des tournants théoriques dans les disciplines de référence, en particulier dans la théorisation de la lecture et l’intérêt porté à l’activité du lecteur qui a contribué à l’avènement de l’interprète. Le concept de littérarité (Marghescou, 2009), la redéfinition de Sartre (1973) de la littérature, les théories de la réception et les approches sémiotiques modélisant un Lecteur Modèle (Eco, 1985) ont contribué à la définition d’un nouveau paradigme de la lecture et du rapport à la littérature, tournant le dos à l’auteur et au texte. Dans le champ de la didactique, la naturalisation du concept de la lecture littéraire a permis de penser la relation entre le texte et le lecteur comme un enseignable.1 Conjointement, les références des didacticiens évoluent et les formes de la discussion des salons littéraires se trouvent convoquées à côté, voire à la place de la critique littéraire, tournant ainsi le dos aux apports du structuralisme. Ces changements de références et les ruptures épistémologiques qu’ils peuvent représenter permettent de concevoir un nouveau modèle didactique de l’enseignement de la littérature qui formalise le genre disciplinaire DI.

La rupture est aussi notable dans le discours des didacticiens qui se positionnent...

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