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L’intime et l’apprendre

La question des langues vivantes

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Marie Berchoud, Blandine Rui and Claire Mallet

Les dimensions négligées des apprentissages, tel est le propos de cet ouvrage : pourquoi, en effet, ne pas aller voir du côté des « évidences invisibles » que partagent, parfois à leur insu, ceux qui enseignent et apprennent ? Quand se déploient les résultats des neurosciences et du cognitivisme, mais aussi les pratiques massives et souvent peu réfléchies issues du Cadre européen commun de référence, il nous semble urgent de nous distancier de ces discours convenus et contradictoires. Autrement dit, cet ouvrage constitue un lieu d’interrogation formative indispensable pour les enseignants et formateurs, et tous ceux qui apprennent en particulier des langues. Ce qu’on nomme couramment l’intime est en fait ce segment souvent oublié qui relie le « je » de chacun à ses motivations, désirs, attentes, projets et activités. Cet ouvrage explore donc l’intime, en s’appuyant sur des recherches et des expérimentations menées avec des publics variés : enfants et jeunes en situation scolaire, mais aussi migrants apprenant la langue du pays d’accueil, étudiants en formation pour le professorat, étudiants en immersion bilingue, bref tout individu « prenant langue en terre nouvelle »… Ainsi cet ouvrage se donne-t-il pour objectif d’étudier en profondeur les corpus, les situations et les contextes étudiés, en mobilisant de nombreux exemples, notamment issus de moments dans la classe, dans lesquels apparaît l’émergence des différentes dimensions de l’intime et du sujet apprenant.

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Un point d’étape - MARIE BERCHOUD 181

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MARIE BERCHOUD Université de Bourgogne Un point d’étape La question de l’intime et l’apprendre, pourquoi, et pourquoi mainte- nant ? Il y aurait urgence ? Telles sont quelques-unes des interroga- tions recueillies alors que se prépare le colloque « Intime et ap- prendre » prévu les 27 et 28 mars 2014 (laboratoire TIL, université de Bourgogne). Revenons ici sur l’apport de ce volume, d’abord en le situant dans la durée longue des sociétés (ici surtout européennes, mais ouvertes aux rencontres avec les migrants arrivés sur leur sol), puis en focalisant sur nos mots-clés avec l’évolution des acteurs et/ou le renversement de paradigme souhaités Les historiens contribuent à éclairer notre chemin, nos travaux, notre senti et notre (désir de) savoir avec les connaissances construites sur le passé. Ainsi, dans L’invention du quotidien (t. 1 « Arts de faire », 1979 / 1990 : 11, 12), cet essai « dédié à l’homme ordinaire », Michel de Certeau oppose « le temps du nom » à celui « du nombre » qui est le nôtre depuis l’ère dite moderne, et constate que « l’atomisa- tion du tissu social donne aujourd’hui une pertinence politique à la question du sujet » (ibid. : introduction générale, LII). Il s’interroge donc sur « les opérations des usagers » et fait porter sa recherche sur « les procédures de la créativité quotidienne » (ibid : introduction gé- nérale, XXXV et XXXIX). Les « usagers », nous y voilà, avec les usagers des langues, pour reprendre un instant la terminologie du Cadre européen...

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