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Le développement du langage observé chez un enfant bilingue

Commenté et annoté par Pierre Escudé

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Escudé Pierre

Comment se comporterait un enfant mis en présence de deux langues qu’on lui parlerait également ? Cette interrogation, à l’aube d’un 20 e siècle où le bilinguisme est accusé de déformer chacune des langues en jeu et d’être une plaie sociale dans une Europe farouchement nationaliste, trouve sa réponse dans la thèse de Jules Ronjat. Pendant cinq ans, le linguiste va étudier les comportements langagiers et comportementaux du petit Louis, confronté à deux langues familiales : le français et l’allemand. Un siècle plus tard, la réédition de cet ouvrage pionnier sur le bilinguisme est d’une formidable actualité pour la linguistique générale et expérimentale, la pédagogie et la politique éducative, dans un monde marqué sans complexes par le multilinguisme. Cette nouvelle édition associe des notes scientifiques à une réflexion ouverte aux futurs professeurs comme aux familles que les enjeux éducatifs du bilinguisme précoce fascinent et interrogent.

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NOTES SUR LE DEVELOPPEMENT INTELLECTUEL GENERAL DU SUJET OBSERVE § 61. – Je crois donner ici un complément utile à la section précédente pour permettre au lecteur d’apprécier la portée de mes conclusions en tenant compte de l’intelligence du sujet observé, lequel a manifesté peut-être une certaine précocité dans quelques parties de son développement cérébral. Vers la fin du 9e mois de la vie de Louis sa mère s’absente pendant douze jours. Dans les premiers temps il semble moins en train, mais il reprend vite sa gaîté coutumière. Sa mère revient aux premiers jours du 10e mois : il la reconnaît immédiatement, d’abord rayonnant, puis ému presque à pleurer. Huit jours après, rencontrant au Jardin public une dame de ses amies avec un enfant à peu près de l’âge de Louis, ma femme prend cet enfant sur ses genoux : Louis s’agite avec un air de mécontentement, tend les bras vers sa mère et ne se calme que lorsqu’elle le prend sur ses genoux à la place de son petit camarade. J’ai déjà noté que Louis sait dire son nom au 21e mois (cf. § 26). Il a sûrement une bonne mémoire, comme la plupart de ses ascendants rapprochés dans les deux lignes. Un incendie survenu dans notre maison au 21e mois lui a laissé des souvenirs ineffaçables : il en parle souvent, il a gardé un véritable culte pour les pompiers, qui...

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