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Génocide, enfance et adolescence dans la littérature, le dessin et au cinéma

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Edited By Silke Segler-Meßner and Isabella von Treskow

L’objectif de ce recueil est d’étudier la vision formée au cours des génocides et des guerres par les enfants et les adolescents ainsi que la symbolisation de l’enfance et de la jeunesse. Les contributions tentent de comprendre l’expression des expériences sur la base de récits, de poésies, de dessins et de témoignages. Centré sur la Shoah en Europe et le génocide des Tutsi au Rwanda, sans pour autant oublier les persécutions national-socialistes des résistants politiques et des Roms, ce volume interdisciplinaire rassemble des articles de base sur la transmission du vécu et sur la réception de l’expérience, du plus jeune âge jusqu’à l’adolescence, de l’emblématique au référentiel, se vouant ainsi à un champ de recherche dont le potentiel n’est pas encore assez exploité.
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Quand les enfants juifs dessinent le génocide

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Bien avant de savoir écrire les enfants dessinent. D’accès plus facile le dessin est avant tout un mode d’expression et de communication indispensable à l’enfant tant qu’il ne maîtrise pas les autres, le langage, et l’écrit. Les enfants confrontés à des situations de violence ne sont pas restés mutiques. Ils ont continué à parler, jouer,1 écrire2 et dessiner3 racontant ainsi leur vécu. Le dessin est un langage qui présente l’avantage de ne pas nécessiter d’apprentissage spécial, et est extrêmement personnalisé. Certes, les enfants juifs déportés depuis les différents pays d’Europe n’ont pas eu le temps de dessiner, arrivés à Auschwitz, ils étaient directement envoyés vers les chambres à gaz où ils étaient exterminés. L’anéantissement des enfants juifs constituait le cœur même de l’entreprise génocidaire puisque ces derniers représentent des adultes en devenir donc susceptibles de venger leurs parents, mais surtout de perpétuer les générations de Juifs. Dans la logique nazie, les enfants juifs étaient donc à exterminer doublement. Georges Eisen remarque que les enfants ont continué à jouer, au cœur même de la machine génocidaire nazie, à l’intérieur des ghettos, et dans les quelques camps de concentration où leur présence fut tolérée. Il devient donc tout à fait évident que les enfants juifs ont également continué à dessiner lorsque les conditions matérielles et psychiques le leur permettaient. Cet article a pour point de départ...

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