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La tête et le texte

Formation initiale des enseignants primaires en didactique de la lecture et de l’écriture

de Anne-Claire Blanc (Éditeur de volume) Vincent Capt (Éditeur de volume)
Collections X, 232 Pages
Série: Exploration, Volume 183

Résumé

La formation des étudiants à l’enseignement primaire de la lecture et de l’écriture ne peut séparer les approches cognitives des approches linguistiques et littéraires, suivant la position de Dominique Bétrix, à qui ce volume rend hommage.
L’accent est mis sur la convocation de certains savoirs théoriques, sur la présentation de dispositifs didactiques éprouvés, ainsi que sur la description de situations de formation et celle de gestes professionnels à acquérir.
Unir la tê te et le texte en situation de formation initiale au lire-é crire, c’est ouvrir à une perspective professionnelle soucieuse de la vie mê me de la litté racie en contexte scolaire.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Préface
  • Hommage à dominique bétrix. Un parcours exemplaire en didactique du français ! (Claudine Balsiger & Noël Cordonier)
  • Introduction
  • La tête et le texte : une conception articulée de l’apprentissage et de l’enseignement du lire/écrire (Anne-Claire Blanc & Vincent Capt)
  • Partie I: Du lecteur au texte (et retour)
  • Les deux voies d’accès à la lecture : pratique d’enseignement dans une classe lausannoise (Anne-Claire Blanc)
  • Un enseignement explicite des stratégies pour comprendre un texte : un défi à relever ! (Claude Burdet & Sonia Guillemin)
  • L’accès à la littérature, un nouveau défi pour l’enseignement au primaire (Sonya Florey & Vanessa Depallens)
  • Partie II: Du scripteur au texte (et retour)
  • La logique de l’incertain. à propos de la consigne de stage sur l’entrée dans l’écrit en production (cycle 1) (Véronique Batlle-Bourhis)
  • Les genres textuels en formation initiale des enseignants primaires : de l’analyse à la production écrite. l’exemple du conte étiologique (Vincent Capt)
  • Ateliers d’écriture en formation initiale (Martine Panchout-Dubois et Danièle Frossard)
  • Partie III: La littératie au contact de l’oral et des approches interlinguistiques
  • Oral/écrit : (dis)continuités (Christian Rehm)
  • Jeu du même et de l’autre au service de la compréhension : variations éditoriales plurilingues d’un album de jeunesse (Carole-Anne Deschoux)
  • Le détour par la « pédagogie du détour ». réflexions sur l’apport de la théorie de vygotski à l’éveil aux langues (Bernard Schneuwly)
  • Partie IV: Entretiens
  • Réflexions sur la place de l’objet langue en formation initiale des enseignants primaires (Entretien avec Marcel Burger)
  • Réflexions autour des dispositifs de formation des enseignants en suisse romande (Entretien avec Christophe Ronveaux)
  • Postface
  • De la torrée au fonctionnement de la langue française… (Jean-François de Pietro)
  • Liste des figures
  • Liste des tableaux

Hommage à dominique bétrix.
un parcours exemplaire en didactique du français !

Claudine Balsiger & Noël Cordonier

Quel plaisir pour nous de préfacer cet ouvrage rassemblant des textes écrits par des collègues de Dominique Bétrix ! Professeure formatrice en didactique du français à la HEP du canton de Vaud, elle a assuré depuis 2012 avec engagement et maestria la responsabilité du module BP13FRA – nous y reviendrons – autour duquel s’articulent ici les contributions de collègues didacticiens suisses romands.

Pourquoi ce livre ? Pourquoi maintenant ? Pour honorer le travail de celle qui à partir de fin septembre 2017 est entrée, non sans des sentiments ambivalents, dans une nouvelle étape de vie, elle qui nous disait, avant son départ à la retraite, à quel point elle aimait enseigner, à quel point elle appréciait les discussions nourrissantes avec ses collègues, à quel point ces aspects-là de son travail de formatrice lui manqueraient… Mais qui avouait aussi se réjouir des nouvelles perspectives qui allaient s’ouvrir.

Alors, cette préface feuillettera dans un compagnonnage amical le carnet de route, le chemin d’une professionnelle hors pair dans les arcanes d’une institution qui a vu le jour en l’an 2001, qui a connu une enfance mouvementée et une adolescence difficile, pour aborder en 2018 l’entrée dans l’âge adulte – y en a-t-il vraiment un pour les Écoles actuelles ? – avec l’introduction de la formation à distance.

Psychologue de formation, logopédiste, chercheuse, formatrice d’enseignants, Dominique Bétrix s’est toujours intéressée au langage, avec, au cours de sa carrière, des accents sur différents aspects de son acquisition, et sur les orientations didactiques spécifiques qui en découlent.

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Avec son bagage académique, avec ses expériences de terrain et ses compétences de chercheuse reconnues en didactique, Dominique Bétrix ne pouvait que nourrir et enrichir les discussions dans l’Institution qui l’a engagée, en septembre 2001. Dans une nouvelle École de formation des enseignants, où tout était à construire, où les plans d’études étaient à rédiger, où déjà se dessinaient des enjeux de pouvoir entre les différents pôles de la formation des enseignants, il fallait des personnes capables de tenir le cap, de défendre des fondamentaux, et Dominique Bétrix fut de celles-ci. Elle a fermement soutenu une formation didactique de qualité pour les futurs maîtres généralistes, qui enseignent à de jeunes enfants, dont les premières années de scolarité déterminent tout leur parcours.

Cette exigence de qualité, Dominique Bétrix l’a portée dans différents domaines au sein de la HEP Vaud : l’enseignement, l’accompagnement des étudiants, la recherche et la politique institutionnelle.

L’implication dans la politique institutionnelle

Cette implication s’est traduite par la participation de Dominique Bétrix à la commission de l’Égalité de la HEP, mais surtout à la commission des études de la filière « enseignement primaire BP » (Bachelor Primaire) et dans l’investissement de notre collègue lors des multiples réécritures des plans d’étude nécessitées pour satisfaire aux exigences de la politique d’éducation en Suisse.

En tant que membre déléguée de l’Unité d’Enseignement et de Recherche en didactique du français (UER FR), Dominique Bétrix a œuvré dès 2010 dans cette commission de filière BP, laquelle est garante de la qualité des enseignements, du suivi et de la réalisation des évaluations du plan d’études, de la reconnaissance des diplômes et de l’accréditation institutionnelle.

En dix-sept ans d’existence, la HEP a vécu trois principales mues institutionnelles. Les étapes marquantes ont été l’insertion de l’institution dans le processus de Bologne auquel la HEP a adhéré et la mise en conformité des plans d’étude aux exigences de la Conférence suisse des Directeurs cantonaux de l’Instruction Publique (CDIP), afin d’obtenir, en 2006, la reconnaissance des diplômes délivrés. Ces étapes appartiennent à l’histoire de l’éducation des Hautes Écoles du XXIème siècle.

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Le premier régime de la HEP a prévalu de 2001 à 2005. Il était caractérisé par une formation annuelle, organisée en modules dans lesquels l’enseignement se conduisait principalement sous la forme de séminaires en petits groupes d’étudiants.

Les plans d’étude étaient issus des travaux préparatoires de toutes les bonnes volontés, pas toujours désintéressées, qui avaient travaillé à la construction de la nouvelle École, sans être sûres d’y être engagées. On devine les tensions, la foire d’empoigne, plus ou moins courtoise, pour confectionner le premier plan d’étude… Dominique Bétrix a participé à ces groupes, avec l’honnêteté qu’on lui connaît, non pas pour défendre son pré carré, mais en visant l’excellence pour la formation didactique.

Le deuxième régime, en vigueur de 2006 à 2011, fut un bouleversement. Il obligea d’harmoniser la formation professionnelle au niveau européen, de favoriser la mobilité estudiantine et de reconnaître des titres acquis dans différents pays (Bachelor, Master, Doctorat). La formation adopta une périodicité semestrielle alors que l’enseignement était jusqu’ici annualisé ; le volume de formation se comptabilisa en crédits ECTS, le total de ces crédits, tous domaines de formation confondus, devant se monter à 30 par semestre ; les plans d’étude se différencièrent selon le parcours choisi par l’étudiant, avec une option « –2+2 » (école enfantine et premier cycle primaire, actuellement première à quatrième Harmos) et une option « +3+6 » (deuxième cycle primaire et cycle de transition, actuellement cinquième à huitième Harmos) ; les modules furent placés sous la responsabilité administrative d’un professeur formateur chargé en général de l’enseignement en grands cours, puisque désormais les contenus de formation devaient s’articuler selon deux modalités, notamment pour répondre à l’augmentation exponentielle du nombre d’étudiants : un cours magistral à caractère académique, et le travail en séminaire de petits effectifs animés par une équipe de formateurs. Autre nouveauté, la HEP s’est restructurée en Unités d’enseignement et de Recherche (UER) – équivalentes des sections universitaires –, lesquelles sont devenues garantes des contenus dispensés en son sein.

Ce fut une nouvelle mise à plat et une nouvelle réédification, avec des discussions parfois tendues entre les différentes UER, ou avec des visions divergentes au sein même des UER. Période intense, où les ←5 | 6→formateurs s’attelèrent à un travail de titan : élaborer un nouveau plan d’études, formé des différentes pièces dessinées par les UER, qu’il fallait faire tenir dans le cadre rigide donné par Bologne. Construire de nouveaux modules, penser la progression des apprentissages des étudiants, remanier les contenus, en introduire d’autres pour répondre à des évolutions sociétales comme, par exemple, la prise en compte de la diversité linguistique des élèves.

Disposant de la vue d’ensemble de la formation que lui donnait son appartenance à la commission de filière, Dominique Bétrix aida les didacticiens du français à prendre du recul, de la hauteur et, souvent, à dépassionner les débats.

L’UER de français, à l’occasion de la réécriture de ce plan d’étude et des deux voies différenciées (alors « –2+2 » et « +3 +6 ») souhaita porter l’accent sur les premières années de la scolarité, avec un appui marqué sur l’apprentissage de la lecture et l’entrée dans l’écrit, rencontrant ainsi les vœux du canton de Vaud et de la CDIP. Dominique Bétrix ayant toujours été très discrète sur son travail au sein de la filière – devoir de réserve oblige ? – il est impossible de savoir si elle a joué un rôle déterminant dans la dotation en crédits de formation pour les enseignants de la première voie « –2+2 ». Toujours est-il que les étudiants de cette voie, dans ce plan d’études se virent offrir 22 crédits de formation en didactique du français, contre 16 seulement pour leurs collègues de la deuxième voie « +3+6 ».

Ainsi ce plan d’études fut-il celui de l’âge d’or de la formation des étudiants de cette mention.

Mais dès la rentrée 2012, la CDIP demanda aux instituts de formation de concevoir des formations identiques pour tous les étudiants BP, exception faite de quelques modules spécifiques, afin de garantir une meilleure employabilité des enseignants. Ce fut donc le troisième régime de formation, celui dans lequel le mot « régime » prit tout son sens, puisque tous les étudiants ne reçurent plus que 15 crédits de formation en français, avec cependant trois crédits spécifiques pour le profil de la première voie désormais appelée « 1–4 Harmos ». Contraints de préparer ce régime sévère pour les étudiants BP, les formateurs de français s’employèrent, dans l’élaboration de ce troisième plan d’étude, à extraire des contenus la substantifique moelle…

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Et c’est ainsi que naquit de la fusion des modules spécifiques au système précédent à deux voies le BP13 FRA. Voilà un exemple du nouveau code, fortement chiffré ! Dans les couloirs, on entendait donc parfois : « – Tu sais où est Dominique ? – Oui, elle est à B21 pour l’UF1 du BP13 FRA ! »

Notes biographiques

Anne-Claire Blanc (Éditeur de volume) Vincent Capt (Éditeur de volume)

Psychologue de formation, Anne-Claire Blanc est enseignante primaire et didacticienne du français. Elle s’est spécialisée dans l'acquisition du langage et l’entrée dans l’écrit. Docteur en langue et littérature françaises, Vincent Capt est formateur d’enseignants. Ses recherches portent sur la didactique de la grammaire, de la lecture et de l’écriture.

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Titre: La tête et le texte