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De la connaissance à la compétence

Évaluer le potentiel d'action par un QCM – « Recherche fondamentale inédite »

by Xavier Roegiers (Author)
©2017 Monographs 304 Pages

Summary

Nous possédons des connaissances, nous obtenons des résultats scolaires, des diplômes … Mais cela nous permet-il pour autant d’agir dans les situations concrètes qui nous sont proposées dans toute leur diversité, du diagnostic médical à la dissertation, en passant par le problème mathématique ou l’évaluation d’un projet ?
Cet ouvrage évoque le déroulement et les résultats d’une recherche tout à fait originale autour de la question : qu’est-ce qui fait que nous sommes compétents ? Qu’est-ce qui fait que nous pouvons agir concrètement pour traiter des situations qui requièrent bien plus que des connaissances ? Elle démonte ces mécanismes inscrits au fond de nous et montre le rôle que jouent respectivement des facteurs cognitifs et émotionnels dans notre capacité à traiter des situations complexes.
Établis à partir d’une base de données de plus de 11 000 personnes, en provenance de 8 pays, sur 3 continents et dans 4 régimes linguistiques différents, les résultats de la recherche font apparaître des résultats parfois saisissants sur ce qui caractérise le potentiel à agir à différents âges, selon le genre, selon les cultures, selon les domaines de compétences.
De manière concrète, elle offre – à partir d’une série de questions à choix multiples (QCM) – la possibilité de déterminer de façon très précise les forces et les faiblesses de chacun(e) en matière de passage à l’action, aussi bien sur le plan émotionnel que cognitif, et pose ainsi les bases de pistes ciblées d’amélioration du potentiel de chacun.

Table Of Contents

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Avant-propos
  • Introduction
  • 1. Les compétences dans un contexte d’innovations
  • 1.1 Dans quel sens vont les innovations aujourd’hui ?
  • 1.2 La place des compétences dans ce contexte d’innovations
  • 1.3 L’environnement conceptuel d’une compétence
  • 1.4 Modéliser les différentes acceptions d’une compétence
  • 1.5 Savoir-faire et compétences génériques
  • 1.6 Des compétences génériques liées à la sphère émotionnelle
  • 1.7 Les compétences « situationnelles » : l’accès à la complexité
  • 1.8 Les taxonomies des opérations cognitives
  • 1.9 Qu’est-ce qui fait que nous sommes compétents ? L’état de la recherche
  • 2. L’évaluation de compétences
  • 2.1 L’évaluation d’une compétence de manière générale
  • 2.2 Quel serait l’idéal d’évaluation d’une compétence à dominante cognitive ?
  • 2.3 Les pratiques liées à l’évaluation des compétences cognitives
  • 2.4 L’évaluation des compétences génériques
  • 2.5 Des pistes pour une évaluation simplifiée de certaines compétences génériques
  • 2.6 Que peut-on retenir de l’évaluation des compétences ?
  • 3. Les fondements de la recherche
  • 3.1 Problématique, hypothèses et phases de la recherche
  • 3.2 Modèle théorique de départ et modèle opérationnel
  • 3.3 Les variables utilisées
  • 3.4 Les phases de la recherche
  • 4. La phase exploratoire
  • 4.1 Les grandes lignes du dispositif
  • 4.2 Les informations recueillies
  • 4.3 Un exemple de questionnaire
  • 4.4 Les résultats de la phase exploratoire
  • 5. La phase de modélisation
  • 5.1 Caractérisation des variables explicatives à travers des « familles de questions »
  • 5.2 De quoi les questions sont-elles constituées ?
  • 5.3 Établissement du lien « compétence – questionnaire QCM/QROC »
  • 5.4 Une étude de cas : la compétence « rédiger un compte rendu »
  • 5.5 L’allure générale d’une courbe de régression « note au test QCM / mesure de la compétence »
  • 5.6 Les autres compétences
  • 5.7 Conclusions de la phase de modélisation
  • 6. La phase de systématisation
  • 6.1 La consistance des réponses
  • 6.2 Le niveau réel de compétence
  • 6.3 Le travail sur les données brutes
  • 6.4 La notion de marge d’erreur et les causes avérées
  • 7. La phase d’extension et le travail sur les facteurs cognitifs
  • 7.1 Eléments de méthodologie
  • 7.2 Le travail de recherche des facteurs cognitifs
  • 7.3 Traiter la complexité : des facteurs cognitifs en interaction constante
  • 7.4 L’organisation des facteurs latents cognitifs entre eux
  • 7.5 Vers une taxonomie empirique des opérations cognitives liée à la complexité
  • 8. L’axe de recherche relatif à la dimension émotionnelle
  • 8.1 Modèle de recherche
  • 8.2 Objectif et question de recherche
  • 8.3 Cadre théorique : le modèle de Bateson pour approcher les facteurs émotionnels
  • 8.4 Émotions et capacités psychosociales
  • 8.5 Mettre en évidence des facteurs émotionnels : une approche théorique et empirique
  • 8.6 La liste des facteurs émotionnels
  • 8.7 Validation et validité des facteurs latents
  • 8.8 Vers une taxonomie empirique des facteurs émotionnels latents
  • 8.9 Exemple d’utilisation opérationnelle des résultats dans le cadre du recrutement
  • 9. Traiter la complexité : les principaux résultats
  • 9.1 Les facteurs cognitifs et émotionnels émergents de manière générale
  • 9.2 Les facteurs cognitifs et émotionnels par zone géographique et culturelle
  • 9.3 Performance académique/scolaire et compétence
  • 9.4 Les convergences et les différences selon les types de compétences
  • 9.5 Les convergences et les différences selon le genre
  • 9.6 Les convergences et les différences selon les tranches d’âges
  • 9.7 Synthèse des résultats
  • 9.8 Courbes de régression et part de variance expliquée
  • 9.9 Regard critique sur la démarche
  • 10. Conclusion
  • 10.1 L’objet de la recherche
  • 10.2 Le caractère original de la recherche
  • 10.3 L’échantillon
  • 10.4 Les principaux résultats théoriques de la recherche
  • 10.5 Les principaux résultats empiriques de la recherche
  • 10.6 Quelles perspectives cette recherche ouvre-t-elle dans le monde professionnel ?
  • 10.7 Quelles perspectives cette recherche ouvre-t-elle dans l’enseignement ?
  • 10.8 Ouvrir les portes de l’action cognitive
  • Bibliographie

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Avant-propos

« Peut-on évaluer des compétences à travers un QCM1 ? »

Depuis que les responsables nationaux chinois de l’évaluation scolaire m’ont posé la question – c’était fin 2007 –, et que, depuis lors, des représentants de l’enseignement supérieur, mais aussi du recrutement en entreprise, de la formation d’adultes, de l’insertion socioprofessionnelle, m’adressent régulièrement la même question, j’ai fini par la faire mienne.

Pendant longtemps, ma réaction a été de dire « non », on ne peut jamais évaluer une compétence à travers un QCM. En effet, pour moi, exercer une compétence – et donc l’évaluer – c’est produire quelque chose, c’est faire quelque chose. Or, même le meilleur QCM ne donnera jamais à une personne l’occasion d’effectuer une production, d’exécuter une tâche en contexte. Tout au plus permettra-t-il d’identifier, parmi un ensemble de réponses possibles, quelle est la bonne, ou en tout cas la plus adéquate.

Et puis, petit à petit, j’en suis arrivé à nuancer ce verdict qui semblait a priori implacable, jusqu’au point de répondre : « Pourquoi pas ? » à la question posée.

Tout d’abord, il existe plusieurs types de compétences, pour lesquelles l’évaluation peut être traitée différemment. Il est clair que certaines compétences sont exercées en ayant recours à des gestes et à des savoir-être, comme – dans le cas d’une infirmière – le fait de prendre en charge les soins d’un patient de manière autonome. Mais il existe aussi des compétences cognitives, que l’on peut traiter en salle de formation ou en salle de cours, comme, pour la même infirmière, poser un diagnostic infirmier sur la base d’un ensemble documentaire concernant un patient.

Ensuite, il y a les opportunités de recourir à une combinatoire de questions. En effet, s’il semble exclu qu’une question unique puisse permettre de cerner une compétence donnée, sans doute doit-il exister une combinaison de quelques questions de type QCM « très intelligent » qui, sans évaluer cette compétence de manière précise, permet tout de même de s’en approcher.

Au fil du temps, cette question s’est transformée en une autre question : « Qu’est-ce qui fait que nous sommes compétents ? Qu’est-ce qui fait que nous pouvons traiter la complexité qui se présente à nous ? ». Autrement dit, quels sont les facteurs dont l’articulation à un moment donné, dans un certain contexte, nous permet d’agir cognitivement, c’est-à-dire effectuer ← 13 | 14 → une production en nous basant sur nos connaissances et sur nos capacités : produire un écrit, résoudre un problème mathématique, émettre des suggestions pertinentes face à une situation, etc. ? Qu’est-ce qui fait que, au-delà de la maîtrise de certaines connaissances, nous puissions utiliser celles-ci pour traiter des situations complexes ?

Les résultats présentés dans cet ouvrage, obtenus sur un échantillon de compétences tant en sciences humaines qu’en sciences « exactes », apportent certes des confirmations de ce que nous supposons intuitivement mais ils surprennent également. En tout cas, ils permettent d’affirmer qu’il est possible, avec une marge d’erreur tout à fait acceptable, d’approcher le niveau de maîtrise d’une compétence par une personne à travers un certain nombre de questions de type « QCM ».

Cette innovation pourrait permettre en particulier des avancées significatives dans les évaluations « papier-crayon » et les évaluations sur écran : enrichir celles qui sont surtout tournées vers les connaissances, simplifier singulièrement les procédures d’évaluation qui vont déjà au-delà de cette connaissance, mais qui restent fastidieuses et/ou aléatoires par manque d’outils efficaces. À terme, cette avancée pourrait enrichir le débat sur le rôle de l’école, celui de l’enseignement supérieur, et contribuer à infléchir la conception même des apprentissages : rendre davantage d’élèves et d’étudiants compétents et pas seulement savants. Permettre à chacun de pouvoir traiter la complexité.

Donner sa chance à tout le monde, cela a-t-il un sens lorsqu’on sait que cette « chance » est trop souvent une chance factice, ne procurant que de la connaissance ou des acquis de surface, mais en définitive pas un réel pouvoir sur les choses ? Autrement dit, certaines façons d’envisager les apprentissages ne confèrent en réalité qu’une illusion de pouvoir sur les destinées, plutôt que d’ouvrir réellement les portes à tout un chacun. C’est comme si on prétendait former un musicien uniquement en lui apprenant le solfège, ou si on donnait à quelqu’un l’illusion de pouvoir conduire une voiture en lui apprenant le code de la route.

Public-cible visé

En termes de public potentiel, cet ouvrage concerne plusieurs univers différents, allant de l’enseignement jusqu’à l’entreprise, en passant par la formation à distance ou l’orthopédagogie.

Ainsi, la présente recherche s’adresse en particulier :

Il pourrait également contribuer au domaine de la psychologie du travail et de l’orientation, ainsi qu’aux recherches en sciences cognitives et en intelligence artificielle.

Les tranches d’âge concernées par la recherche s’étendent de la fin de l’enseignement primaire à l’âge adulte.

Cet ouvrage présente la recherche de la manière la plus transparente possible, y compris les hésitations, les allers-retours, les erreurs commises, les pièges, les rectifications apportées, les chemins sans issue, pour bien faire comprendre au lecteur le caractère heuristique de la démarche.

En effet, il ne faut pas penser qu’il s’agit là d’une vérité absolue et évidente. Un morceau de vérité s’est dégagé à un moment donné d’une énorme quantité d’informations recueillies. Ce « morceau de vérité » demande à être encore affiné, précisé, prolongé, mais les premiers résultats sont incontestables.


1 Question(naire) à Choix Multiple.

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Introduction

« Il faut être pédagogique et expliquer aux gens que… ». Tels sont des propos qui sont devenus tout à fait habituels dans la bouche d’un politique ou d’un responsable de la communication d’une entreprise. Pour beaucoup, la pédagogie est synonyme de « bien expliquer ». Si c’était le cas par le passé, est-ce encore valable aujourd’hui ? Ne confond-on pas information qui nécessite de transmettre un message de manière claire et compréhensible et formation qui implique une transformation de conception ou de mode d’action de la part de l’apprenant ?

Cette confusion se répercute de facto sur les procédures et outils d’évaluation.

Details

Pages
304
Publication Year
2017
ISBN (Softcover)
9782807602748
ISBN (PDF)
9782807603226
ISBN (ePUB)
9782807603233
ISBN (MOBI)
9782807603240
Language
French
Publication date
2017 (February)
Keywords
compétences QCM évaluation recrutement
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2017. 304 p., 79 ill. n/b, 94 tabl.
Product Safety
Peter Lang Group AG

Biographical notes

Xavier Roegiers (Author)

À la fois ingénieur civil, instituteur et docteur en sciences de l’éducation, Xavier Roegiers est professeur à l’UCL, en Belgique. Expert pour l’UNESCO, l’UNICEF, l’OIF, et d’autres organismes multilatéraux, il accompagne les réformes curriculaires dans de nombreux pays, que ce soit pour l’enseignement primaire, secondaire, professionnel ou supérieur. Il s’intéresse surtout à l’impact des curricula sur la construction d’une société plus juste et plus humaine. Il a écrit de nombreux ouvrages dans le cadre de l’approche par compétences.

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