Voyageurs européens à l’intérieur de l’Afrique aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles – François Le Vaillant, Carlo Piaggia et Mary Kingsley
Naissance d’un discours anthropologique et anticolonial
Résumé
Les relations de voyage européennes en Afrique subsaharienne, mis à part les plus connues, ont rarement fait l’objet d’investigations. Le caractère eurocentrique du discours hodéporique sur l’Afrique de la fin du XVIIIᵉ à la fin du XIXᵉ siècle est le plus souvent mis en exergue. Mais qu’en est-il des autres récits de voyage ? D’autres types de discours coexistent-ils à cette même époque ? Dans quel contexte sont-ils produits et quelle diffusion connaissent-ils en Europe ?
Au croisement de la littérature, de l’anthropologie et de l’histoire des idées, montre l’existence de discours viatiques sur l’Afrique subsaharienne, s’inscrivant à contrecourant de la plupart de ceux produits et diffusés en Europe à cette époque. Ce livre analyse les différentes phases d’écriture, de publication et de réception des œuvres étudiées. Issus de pays européens différents, de formation pluridisciplinaire, François Le Vaillant, Carlo Piaggia et Mary Kingsley donnent corps à une étude qui, dans sa perspective interdisciplinaire, met en avant des types de discours souvent négligés, entre littérature, anthropologie et discours anticolonial ante litteram.
Extrait
Table des matières
- Couverture
- Page de titre
- Page de droits d’auteur
- Dévouement
- Sommaire
- Liste des illustrations
- Préface
- Introduction
- Prologue Récit de voyage : définition, fonction et fortune d’un genre littéraire
- 1 – Problématique d’un genre à définir ou à redéfinir : du récit de voyage en tant que genre littéraire
- 2 – Définition de la notion du genre « récit de voyage » : littérature de voyage et récit de voyage
- Le récit de voyage et les paramètres qui lui sont propres
- 3 – Une société au miroir des discours. Écrivain-voyageur, voyageur-écrivain ; voyageur de passage et voyageur résident
- 4 – Fonction et fortune du genre aux XVIIIe et XIXe siècles
- Préambule historique Qu’en est-il du voyageur européen au moment de son départ pour l’Afrique ?
- 1 – Étapes les plus importantes de la découverte du continent
- 2 – Les outils anciens et récents à la disposition du voyageur : livres, cartes, images, …
- 3 – Les instructions de voyage
- Première Partie À la lisière de l’ethnographie. Une anthropologie ante litteram
- En guise d’ouverture : Le voyageur vers l’intérieur de l’Afrique, produit de son époque
- L’Afrique dans le climat culturel européen
- Voyageurs-explorateurs à l’intérieur de l’Afrique
- François Le Vaillant, Carlo Piaggia et Mary Kingsley
- Chapitre I Une ethnologie ante litteram
- 1 – L’amour de la vérité : vecteur fécond
- Louanges de la vérité
- 2 – Critique des mensonges et des menteurs
- 3 – La crédulité publique et les stéréotypes
- 4 – Les voyageurs face à leurs propres préjugés
- Chapitre II Au-delà de la philanthropie : approches ethnologiques, ethnographiques et anthropologiques
- 1 – Le terrain
- L’importance de se rendre sur place
- L’apprentissage de la langue
- Curiosité et observation : l’enquête ethnographique
- L’observation participante
- 2 – Étapes de l’écriture : de la rédaction du carnet de voyage in situ à l’éloignement comme condition nécessaire pour la rédaction du récit
- 3 – La description : rapporter aux autres. détail, ou « observer l’infiniment petit »
- L’extratextualité et le regard réciproque
- Les « blancs » vus par les « sauvages »
- Chapitre III Histoire Naturelle comparée : de l’anthropologie à l’éthologie
- 1 – Comparatisme ethnologique/anthropologique entre peuples : Africains/Européens, Afrique/Amérique, Afrique/Europe/Chine/Tibet, Africains/Africains
- 2 – De la botanique à l’éthologie – Naissance de l’éthologie
- Deuxième Partie Un discours anticolonial ? Analyse de trois visions critiques du système colonial en Afrique subsaharienne entre 1781 et 1900
- En guise de préambule
- 1. Le rapport du voyageur à la colonisation et l’élaboration d’une écriture philosophique
- Chapitre I Qui est le vrai sauvage ? Un nouveau discours sur l’Africain et sur l’Européen en Afrique
- 1 – Qui est le vrai sauvage ?
- 2 – Critiques du comportement des Européens en Afrique
- Chapitre II Une nouvelle vision de l’histoire : la critique du système colonial
- 1 – Antithèse de la mission civilisatrice
- 2 – Vision critique des systèmes de gouvernement locaux et européens en place, des Colons et de la Colonie
- Chapitre III Impacts de la « civilisation » sur les cultures locales et propositions alternatives
- 1 – Impact de l’action des gouvernements sur les populations locales : culture, territoire, paysage et toponymes
- Effets de la civilisation sur les cultures locales
- Dépeuplement et bouleversement du territoire : dégradation du pays, du paysage et des relations avec les indigènes
- Le Vaillant contre le changement des toponymes
- 2 – Alternatives de gouvernement envisagées par les voyageurs
- Propositions pour faire évoluer la situation coloniale
- Troisième Partie Publication et réception des récits de voyages
- Profil iconographique du voyageur-explorateur. Fonction sociale en relation aux publications des récits
- Chapitre I Première publication
- 1 – L’écriture du récit : de la paternité contestée à la publication refusée, vers le succès
- 2 – « I’m not a literary man » Les voyageurs face à leur écriture. Entre science et littérature, des questions de style
- 3 – Une réception manquée. Les vicissitudes de la publication de l’ouvrage de Carlo Piaggia
- Le projet de Piaggia pour son ouvrage
- Vers la publication : motivations avouées, vérités cachées
- Chapitre II Fortune et réception des récits jusqu’à nos jours
- 1 – Lecteurs contemporains et réception immédiate
- 2 – Le rapport au lecteur
- 3 – Rééditions des récits de voyage
- Chapitre III Parcours de la réception des trois récits en Europe jusqu’à nos jours
- 1 – Diffusion, traduction et réception des ouvrages en Europe
- 2 – Impact sur l’histoire et l’ethnologie actuelles
- L’apport de Mary Kingsley et de Carlo Piaggia à l’ethnologie
- Le Vaillant, Kingsley et Piaggia dans l’histoire et la critique littéraire
- 3 – Différente fonction du récit de voyage au xxe siècle ? Un changement de statut ?
- Conclusion
- Redécouverte du genre aujourd’hui. Nouveaux types de récits de voyage au XXe et XXIe siècle
- L’avenir des récits de voyage
- L’intérêt pour les récits de voyage du XVIIIe et XIXe siècles
- Bibliographie détaillée
- I – Corpus
- François Le Vaillant
- Traductions
- Études sur François Le Vaillant
- Mary Henrietta Kingsley
- Quelques rééditions et traductions
- Études sur Mary Henrietta Kingsley
- Carlo Piaggia
- Études sur Carlo Piaggia
- II – Autres récits de voyage
- III – Études
- Ouvrages généraux et génériques
- Annexes
- Annexe n° 1 Aperçu biographique de François Le Vaillant
- Annexe n° 2 Aperçu biographique de Carlo Piaggia
- Annexe n° 3 Aperçu biographique de Mary Kingsley
- Annexe n° 4
- Annexe n° 5
- Annexe n° 6
- Annexe n° 7
- Annexe n° 8
- Annexe n° 9
- Annexe n° 10 Les métisses
- Annexe n° 11
- Annexe n° 12
- Annexe n° 13
- Annexe n° 14
- Annexe n° 15
- Annexe n° 16
- Annexe n° 17
- Annexe n° 18
- Annexe n° 19
- Annexe n° 20
- Annexe n° 21
- Annexe n° 22
- Annexe n° 23
- Annexe n° 24
- Annexe n° 25
- Annexe n° 26
- Annexe n° 27
- Annexe n° 28
- Annexe n° 29 Éditions des récits de voyage de François Le Vaillant
- Annexe n° 30
- Annexen° 31
- Annexe n° 32
- Annexe n° 33
- Annexe n° 34
- Annexe n° 35 Histoire naturelle des oiseaux d’Afrique, par François Le Vaillant
Liste des illustrations
Préambule Historique
Ill. 1 : Africae, par Joan Blaeu, 1645, (North Western University Library)
Ill. 2 : Afrique, A.M. Perrot, 1823/25 Vivien De Saint-Martin L., Bibliomappe ou Livre-Cartes, Paris, Librairie du Commerce, 1824. Cartes, mappemondes, etc. par A.M. Perrot daté de 1825. Entre les pages 142 et 143, carte de l’Afrique divisée en régions coloriées
Ill. 3 : Afrique – Mappemonde de Ptolémée, (North Western University Library)
Ill. 4 : Afrique – Atlas Catalan, par Abraham Cresques, (North Western University Library)
Ill. 5 : Africa, (North Western University Library)
Ill. 6 : Africa, (North Western University Library)
Ill. 7 : John Hanning Speke
Ill. 8 : Sir Richard Francis Burton
Ill. 9 : Mary H. Kingsley (1900 c.) (British Library)
Ill. 10 : François Le Vaillant, (BnF)
Ill. 11 : Carlo Piaggia, (Collection Tania Manca)
Première partie
Ill. 12, 13 et 14 : Le Vaillant, Kingsley, Piaggia
Ill. 15 : Itinéraire du voyage de François Le Vaillant, (Collection Tania Manca)
Ill. 16 : Afrique de l’Ouest
Ill. 17 : Itinéraire des voyages de Carlo Piaggia, (Collection Tania Manca)
Ill. 18 : Une hottentote, (Collection Tania Manca)
Ill. 19 : Jeune Gonaquois, (Collection Tania Manca)
Ill. 20 : Boucliers et pipes des Niam-Niam et des tribus limitrophes, (Collection Tania Manca)
Ill. 21 : Village Niam Niam, (Collection Tania Manca)
Ill. 22 : Venus hottentote, (BnF)
Ill. 23 et 24 : Hottentots namaquas (Collection Tania Manca) et Femme cafre (BnF)
Ill. 25 : Carlo Piaggia, autoportrait, (Collection Tania Manca)
Ill. 26 : Camp de Pampoen-Kraal, (BnF)
Ill. 27 : Punition de l’adultère de l’une des femmes du roi de Juda et de son amant (Collection Tania Manca)
Ill. 28 : Mariage hottentot d’après Kolb, (Collection Tania Manca)
Ill. 29 : Table des mutilations dentaires d’après les dessins du Docteur Decorse
Ill. 30 : Joseph-Marie de Gérando, portrait, (BnF)
Deuxième partie
Ill. 31 : Couverture du Journal des Voyages, 20 novembre 1904, (Collection Tania Manca)
Ill. 32 : Le Fleuve blanc, d’après une carte de Carlo Piaggia, (Collection Tania Manca)
Ill. 33 : Itinéraire du voyage de Carlo Piaggia en Éthiopie (1871-1875), (Collection Tania Manca)
Troisième Partie
Ill. 34 : Sir Henry Morton Stanley et Kalulu (Ndugu M’hall) (carte de visite, 1872) (BL)
Ill. 35 : Mary Henrietta Kingsley en habits de deuil (1892) (BL)
Ill. 36, 37 et 38 : Mary H. Kingsley (1900 c.), Sir Henry M. Stanley (1872) et Pierre S. De Brazza (1882)
Ill. 39 et 40 : Pierre S. De Brazza et Sir Henry M. Stanley assis et Kalulu
Ill. 41 et 42 : Mary Henrietta Kingsley (1900 c.) et Pierre Savorgnan di Brazza en habits arabisants (1882)
Ill. 43 : Photo de Carlo Piaggia en habit de chasseur, (Collection Tania Manca)
Ill. 44 : Un des dessins de Carlo Piaggia, (Collection Tania Manca)
Ill. 45 : François Le Vaillant et la girafe, frontispice (BnF)
Ill. 46 : Carlo Piaggia, (Collection Tania Manca)
Ill. 47 : Mary Henrietta Kingsley, (BL)
Ill. 48 : Narina (dans l’édition de 1819)
Ill. 49 : Narina et François Le Vaillant (dans l’édition de 1845), (BnF)
Ill. 50 : Couverture de la réédition du récit de F. Le Vaillant par A. Locatelli
Ill. 51 : Couverture de la réédition de Carlo Piaggia de 1982
Préface
In memoriam du professeur
François Moureau
Si, depuis quelques lustres, les travaux sur les relations de voyage ont bénéficié d’un engouement certain pour ce type de littérature enfin reconnue à part entière, si les périodes anciennes, des Grandes Découvertes aux Circumnavigations du 18e siècle, les écrivains-voyageurs du siècle suivant et les nouveaux voyageurs du siècle dernier ont connu une embellie critique, si les mers et les continents du voyage ont été copieusement labourés par la recherche, il reste encore aujourd’hui des angles morts dont le livre de Tania Manca a le projet d’éclairer un pan : l’Afrique fut, de fait, l’ultime champ d’action des voyageurs. L’histoire du continent, une histoire souvent tragique, explique cette situation singulière. Au temps des Grandes Découvertes et de la route des épices, l’Afrique échappe pour l’essentiel à la colonisation européenne. Les navires qui ont le projet de la contourner pour aller vers l’océan Indien des merveilles ne cherchent sur ces côtes que des havres pratiques pour « rafraichir ». La colonisation de l’Amérique, qui aura pour conséquence un besoin de main-d’œuvre servile, va trouver en Afrique une réserve inépuisable de bras à transporter de l’autre côté de l’Atlantique : la négociation se fait sur les côtes dans des comptoirs où, de l’intérieur, on apporte aux négriers ce cheptel humain. Il n’est nul besoin de s’enfoncer pour cela dans un continent dont l’intérêt économique semble mineur par rapport à ce que rapporte immédiatement la traite négrière. Seuls la Hollande, à la recherche d’une nouvelle Jérusalem, et les huguenots français refugiés aux Pays-Bas après la révocation de l’édit de Nantes (1685) installent sur le territoire stratégique du Cap, entre les deux océans, une colonie de peuplement durable à l’efficacité toute batave1.
C’est à peu près tout jusqu’au début du 19e siècle, si l’on excepte les modestes tentatives françaises vers l’intérieur du Sénégal réputé riche en minerais aurifères et les comptoirs portugais d’Angola et du Mozambique qui tentent parfois des incursions vers l’intérieur à la recherche de l’ivoire et d’autres productions précieuses. Outre le royaume chrétien mythique du prêtre Jean situé parfois quelque part au nord-est du continent, le royaume du Monomatapa dans l’Afrique australe (vers le Zimbabwe actuel), riche en or et en ivoire, existe fugacement depuis le 16e siècle dans l’imaginaire occidental par l’intermédiaire de l’historien portugais João de Barros : La Fontaine en fait le lieu d’une fable célèbre « Les deux amis » – « Deux vrais amis vivaient au Monomatapa », livre VIII (1678), fable 11 – et, en 1748, l’éditeur des Bijoux indiscrets de Diderot y situe le lieu d’impression du livre : le Monomatapa a quelque chose d’un territoire annexe des Mille et une Nuits2. Le premier grand voyage d’exploration dans l’intérieur de l’Afrique sera celui de Mungo Park, qui, en 1795-1797 puis en 1805-1806, explore le cours du Niger. Les trois voyageurs étudiés par Tania Manca se situent pour l’un à la charnière de ces premières découvertes et pour les deux autres en pleine période coloniale.
Á première vue, le seul point commun de ces trois voyageurs écrivains est la localisation de leur entreprise : l’Afrique subsaharienne ; encore celle-ci est-elle entendue au sens très large, puisque pour l’un c’est l’Afrique du Sud, pour un autre le Soudan et pour la troisième l’Afrique de l’Ouest. Ces régions, couvrant une grande partie du continent, sont assez disparates, aussi bien du point de vue culturel (religions, pratiques sociales) que dans une perspective politique et économique. Et il y plus d’un demi-siècle du voyage de François Le Vaillant en Afrique australe à celui de Carlo Piaggia chez les populations Niam Niam du Soudan ; et quel demi-siècle ! Révolution, romantisme, colonialisme : des notions qui risquent de transformer les parallèles en jeux des erreurs. Quant à Mary Kingsley, son statut de femme dans l’Afrique coloniale française de la fin du 19e siècle se colore de la spécificité des voyages à l’anglaise, dont l’excentricité n’est pas la dernière des caractéristiques. Mais on notera un point commun à leur manière de voyager : ce sont, en effet, des solitaires ou pour le moins des esprits hostiles au compagnonnage, pratique encore peu commune à une époque pour ce qui reste une aventure assez risquée pour la santé voire pour l’intégrité physique des voyageurs intrépides dans la brousse africaine.
Tania Manca a senti, avec raison, la nécessité de solides prolégomènes sur la poétique du voyage de la nouvelle modernité issue des conflagrations idéologiques de la fin du 18e siècle et sur le statut particulier de ces entreprises. Voyage d’exploration, de confirmation ou de réfutation selon les cas, ils impliquent un sentiment diversifié de l’altérité ressentie et/ou subie. Cette notion cardinale forte qui a conduit Tzevan Todorov à refuser au voyage en France, faute d’une altérité suffisante, le statut de « récit de voyage » méritait certainement une mise en perspective nouvelle à travers les trois relations. Le mot est trop souvent mis à toutes les sauces. Au fond, ce que recherche le Créole sud-américain François Le Vaillant – ou celui qui signe de son nom – n’est pas une altérité à expérimenter et à mettre en mots ; c’est, au contraire, une identité humaine universelle qu’il poursuit et qu’avaient niée des voyageurs européens comme Peter Kolb ou Anders Sparrman qui l’avaient précédé sur les terres de l’Afrique australe. Tania Manca situe à des degrés divers de l’enquête ethnographique les trois voyages qu’elle étudie. Les deux relations de Le Vaillant se placent entre le voyage d’empathie propre, à la fin du 18e siècle, aux sectateurs de Jean-Jacques et le voyage « scientifique » dont l’expédition Baudin fut l’exemple canonique une décennie plus tard3.
Ethnologue amateur dans l’habit du voyageur, Carlo Piaggia revisite les lieux et les êtres : il réfute quelques mythes africains véhiculés par les voyageurs et les « cosmographes » et présents encore, au milieu du 19e siècle, dans l’imaginaire occidental, tels ces Niam Niam à longue queue dont l’origine mythique serait le monstrueux métissage animal-homme, que la littérature sur les Hottentots, par exemple4, et certains récits utopiques comme La Terre australe connue de Gabriel de Foigny (1676) proposent depuis les Grandes Découvertes, voire depuis Le Devisement du monde de Marco Polo. Les pratiques cannibales assez complaisamment décrites par Mary Kingsley font aussi partie de la légende « noire » de l’Afrique. Si un Jean de Léry, dès le 16e siècle au Brésil, tentait d’en démêler la signification au-delà de la simple scénographie culinaire, la voyageuse anglaise en semble très loin et compose pour sa part un spectacle d’épouvante pour un lectorat blanc que, d’ailleurs, les Fang n’apprécient guère de déguster, à l’inverse de ce que font des ethnies moins délicates ! Les vieux fantasmes africains sont, on le voit, très présents en cette fin du 19e siècle ; ils semblent même trouver une force nouvelle pendant l’ère coloniale dans laquelle baigne Mary Kingsley : elle est intimement persuadée de l’infériorité structurelle des langues africaines, incapables d’exprimer la diversité du monde et de la pensée humaine. Si elle parle de « savage idea » – une sorte de « pensée sauvage » à la Lévi-Strauss caricaturale avant la lettre –, elle ne va pas jusqu’à accorder à l’Africain la totalité de la « pensée universelle ». D’une manière évidente, Mary Kingsley justifie la substitution des parlers vernaculaires par la langue du « Blanc ». À un siècle de distance, Le Vaillant faisait la même constatation sur les langues africaines, mais il n’en tirait pas cette conclusion impériale que l’avenir allait imposer : à la fin du 19e siècle, l’histoire avait fait passer l’Afrique d’une terre d’observation et de découverte au champ de l’expérience coloniale fondée sur la supériorité du progrès « humain » importé sur la « savage idea ». De toute évidence, les trois relations réparties sur un siècle et issues de sensibilités nationales et idéologiques différentes, dessinent pourtant une Afrique qui est encore le grand jardin d’exploration des sociétés occidentales. « Je hais les voyages et les explorateurs » : cette phrase topique de Tristes Tropiques pourrait illustrer a contrario plus d’une page de nos voyageurs.
Y-a-t-il d’ailleurs un discours ethnologique au sens moderne dans ces trois relations ? Ce serait imprudent de l’affirmer. Carlo Piaggia, par exemple, s’emploie à une description des Niam Niam qui ne va guère au-delà de l’apparence physique ; il en est de même de pratiques sociales comme le mariage. Sa réflexion sur le peu de développement du sexe des Niam Niam mis en parallèle avec leur retard mental est assez singulière et renvoie à des fantasmes bien connus sur les Africains ravivés par la nudité de ces populations. Chez Piaggia, la distance prise par rapport à son objet d’étude n’est que la feinte objectivité scientifique d’un voyageur mal à l’aise dans son costume d’explorateur. Par un contraste apparent, l’empathie d’un Le Vaillant pour les populations du Cap à la fin du siècle précédent ne va guère plus loin, même si elle le signe d’une sensibilité véritable à l’autre : elle appartient à un discours d’époque que son contemporain Bernardin de Saint-Pierre développe dans Paul et Virginie (1788) et dans La Chaumière indienne (1791), vulgates d’un rousseauisme lyrique et lacrymal. La critique des entreprises missionnaires que fait Mary Kingsley a une origine commune : l’homme de la nature est dégénéré par l’introduction d’une culture qui ne lui appartient pas de choisir. Chez Le Vaillant, ce sentiment de l’unité de la nature va jusqu’à une éthologie, qui a pour ambition de décrire les « mœurs », les « passions » et les « goûts » des animaux. L’impassibilité – ou ce qui lui ressemble – demandée à l’ethnologue est très éloignée de ces relations nourries des signes idéologiques qui témoignent d’un temps où le discours sur l’homme était encore une variante du scientisme des Lumières ou une manière de justifier les entreprises coloniales, ce qui d’ailleurs revenait au même. Le progrès humain – rendre les Africains « plus heureux » selon la formule de Piaggia – était défini et régi par l’homme occidental, sans aucun relativisme : « the present culture-level of the African », écrivait de son côté Mary Kingsley. Le Vaillant, tout rousseauiste qu’il est, n’en songe pas moins à un programme rationnel de colonisation de la région du Cap où les indigènes semblent curieusement oubliés, et la voyageuse britannique apporte sa pierre à l’édifice en évoquant le développement nécessaire de la navigation fluviale en Afrique de l’Ouest. Est-ce à dire que le discours des autochtones est absent ? Pas totalement, comme le remarque l’ouvrage de Tania Manca, citant des pages de Carlo Piaggia, par exemple, où le voyageur devient objet d’étude pour les femmes Niam Niam : cette curiosité largement érotisée par l’Européen met l’observateur dans une position où la gêne l’emporte largement sur son sentiment intime de supériorité. On songe à des scènes similaires rapportées par un autre voyageur en Afrique du Sud, le jeune huguenot Laujardière à la fin du 17e siècle5, voire à un chapitre célèbre de L’Ingénu de Voltaire.
L’autre tend un miroir à celui qui, quoi qu’il en pense, est son semblable. Mais ce sont des images fugitives qui attendent leur théorisation ethnologique : la « pensée sauvage » est encore loin. Dans la dernière partie de l’ouvrage, Tania Manca étudie la réception de son corpus : louable entreprise pour des textes qui semblent avoir été largement retravaillés à l’occasion de leur publication en volume ! Mary Kingsley s’oppose à l’image de « New Woman », que les journaux entendent imposer, à l’image d’une conquérante des temps nouveaux sur un terrain jusqu’alors réservé aux hommes ; Le Vaillant et Piaggia jouent les héros de l’autopsie –« Veni, vidi, scripsi » – égarés parmi les hommes de lettres, fantasme récurrent des préfaces aux récits de voyage depuis la Renaissance, dont celle de Bougainville à son tour du monde reste la référence. En définitive, l’éclairage que ce livre fournit sur l’Afrique subsaharienne des voyageurs entre Lumières et colonisation est un apport considérable à notre connaissance encore très imparfaite d’une littérature : être, en mineur, un témoignage certes biaisé sur des civilisations sans écriture et, surtout, le regard porté par un Occident dominateur et déjà incertain de sa légitimité sur les derniers peuples qu’il n’a pas encore subjugués.
François Moureau
Professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne
Introduction
Les recherches portant sur les récits de voyages connaissent depuis une trentaine d’années un développement croissant, cela malgré et à cause de la polymorphie d’un genre en évolution perpétuelle, fuyant et insaisissable. Toutefois « [O]n ne saurait imaginer une œuvre littéraire qui se placerait dans une sorte de vide d’information et ne dépendrait pas d’une situation spécifique de la compréhension. Dans cette mesure, toute œuvre littéraire appartient à un genre, ce qui revient à affirmer […] que toute œuvre suppose l’horizon d’une attente, c’est-à-dire d’un ensemble de règles préexistant pour orienter la compréhension du lecteur (du public) et lui permettre une réception appréciative »1.
Les récits de voyage européens en Afrique subsaharienne ont déjà fait l’objet d’investigations. Les recherches menées jusqu’à présent se sont concentrées surtout sur les voyageurs les plus connus tels que Livingstone, Stanley, Caillié, Brazza, etc. Ce domaine reste cependant encore à étudier, constituant pour les chercheurs un terrain fécond pour de nouvelles analyses. Les travaux critiques actuels mettent souvent en exergue le caractère eurocentrique du discours hodéporique produit sur l’Afrique dans les récits de voyage de la fin du XVIIIe à la fin du XIXe siècle. L’étude présentée dans cet ouvrage souhaite montrer qu’à cette même époque d’autres types de discours existent, coexistent et affirment leur différence, puisque tout texte littéraire est à la fois « signe d’une histoire et résistance à cette histoire »2.
Trois auteurs3 de nationalité différente, François Le Vaillant (1753-1824), Carlo Piaggia (1827-1882) et Mary Kingsley4 (1862-1900) illustrent clairement ce propos à travers leurs récits de voyage : Voyage dans l’intérieur de l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance, dans les années 1780-17855, (1790) et Second Voyage dans l’intérieur de l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance, pendant les années 1783, 1784 et 17856, (1795) ; Le memorie di Carlo Piaggia7 (rédigées entre 1851 et 1881), Travels in West Africa, Congo Français, Corisco and Cameroons8 (1897). Qu’est-ce qui fait que trois auteurs, ayant vécu à trois époques différentes dans trois pays européens, et s’étant rendus dans différentes parties de l’Afrique, développent des discours similaires ? Pour répondre à notre question, il faudrait s’interroger premièrement sur d’autres aspects : le mode de vie que les voyageurs choisissent lors de leur séjour en Afrique, leur façon d’appréhender les « nouvelles » cultures, la nouveauté du regard qu’ils portent sur les Africains et sur les Européens, ce qui les emmène à rendre compte de leur expérience ainsi que le type de discours qu’ils choisissent pour défendre leurs idées. Ces interrogations nous guident dans l’analyse des textes, étant matrice indispensable pour la compréhension des clés de lecture des différents discours des voyageurs. La complexité et la nouveauté du sujet font aussi surgir d’autres interrogations, plus proprement liées à la réception de la pensée de ces voyageurs en Europe.
La différence d’origine des trois voyageurs ne constitue pas un obstacle dans le choix des trois récits de notre corpus, compte tenu de la circulation des idées en Europe, d’un sujet comparatiste, et surtout du contenu et du type de discours développé dans leurs récits. Nous nous sommes focalisés sur l’Afrique subsaharienne, puisque l’histoire des explorations et des rapports entre l’Afrique du Nord (le Maghreb) et l’Europe représente une réalité bien différente au sein de l’Afrique même. L’écart d’environ un siècle existant entre le voyage de Le Vaillant et celui de Mary Kingsley ne constitue pas un problème majeur, étant donné le fait que l’Afrique du Sud de la fin du XVIIIe siècle, dans ses relations avec l’Europe, anticipe dans nombre de circonstances les rapports entre l’Europe et le restant de l’Afrique subsaharienne dans le siècle qui suit. La contextualisation du parcours de chaque voyageur et du territoire concerné, nous a semblé primordiale afin de pouvoir analyser les différences et les ressemblances des trois discours qui se succèdent à des intervalles d’environ cinquante ans. Les trois parties de l’Afrique : Afrique du Sud, Afrique centre-orientale, Afrique centre-occidentale, connaissent, aux époques étudiées, dans des phases différentes, une situation coloniale9 qui se crée à partir du moment où commence la relation entre les sociétés européennes et les sociétés africaines : par le biais d’échanges, de l’établissement d’Européens en Afrique, d’un début de relations entre les gouvernements, ou entre les institutions européennes et celles de l’Afrique. En effet, considérer le rapport du voyageur à la colonisation s’est révélé d’importance capitale dans ce contexte. Le champ de notre analyse se constitue ainsi au croisement des cultures, au moment où elles entrent en contact et s’influencent réciproquement, lorsque l’une d’entre elles commence à visiter le territoire de l’autre, à s’y installer et à chercher à y établir son propre mode de fonctionnement.
Le choix des trois récits affirme sa pertinence dans la mise en exergue du lien profond existant entre les trois voyageurs au-delà des possibles différences de départ.
Ce volume portant sur les récits des voyages, nous nous attachons d’abord à proposer une définition du genre du récit de voyage qui nous semble utile pour une meilleure compréhension de l’objet étudié. Compte tenu des difficultés à définir ce genre évoquées par nombre de critiques, tels que Percy Adams, Jacques Chupeau et Tzvetan Todorov, c’est à l’appui des travaux de Hans Robert Jauss, Adrien Pasquali et Roland Le Huenen, entre autres, que nous définissons la poétique et les paramètres propres à notre corpus. Nous mettons en évidence la nécessite de distinguer les deux notions de « littérature de voyage » et « récit de voyage », sur la base des ouvrages d’Odile Gannier10 La Littérature de voyage, et de Philip Edwards The story of the voyage : Sea-Narratives in Eighteenth-Century England11. Une fois défini le récit de voyage en tant que genre littéraire, nous considérons de plus près la production des récits de voyage dans les siècles étudiés, afin de situer les trois œuvres dans le contexte européen de l’époque. L’intérêt croissant pour ce type d’ouvrages est confirmé par un développement saisissant de la production de récits de voyage, mais aussi d’histoires des voyages, abrégés de voyages, voyages fictifs, etc. Ce genre influence donc d’autres productions, telle que la fiction dans des œuvres comme celles de Jules Verne, Emilio Salgari ou Jonathan Swift, et aussi l’autobiographie, le genre épistolaire, etc., s’exprimant ainsi dans d’autres formes littéraires. Les notions théoriques annoncées dans le Prologue de notre étude, sont reprises, prennent corps et se confirment tout au long de l’ouvrage.
À la lumière de ce climat culturel nous avons cherché à comprendre quel était le parcours de formation du voyageur européen lors de son départ vers l’Afrique. Quels étaient les outils dont il disposait pour préparer son départ ? Quelles étaient la quantité et la qualité des informations sur ce continent que l’Europe avait jusqu’alors produites ? Un aperçu de l’histoire de la « découverte » de l’Afrique de la part des Européens montre comment, malgré l’évolution des connaissances, des grands vides géographiques et culturels persistent encore tout au long du XIXe siècle. Et cela en dépit des nombreux ouvrages laissés depuis Hannon, en passant par Pline, Hérodote, Sénèque, jusqu’à Ptolémée. C’est seulement à l’époque moderne que l’Europe commence à connaître quelques ouvrages arabes en traduction, c’est le cas, entre autres, de Voyage dans le Soudan, par Ibn-Batouta [sic], (œuvre du XVIe siècle) traduit pour la première fois en français en 184312. Des textes tels que celui de Olfert Dapper13 (1686) commençaient déjà à être traduits et diffusés dans plusieurs pays d’Europe ; les voyages en Afrique deviennent de plus en plus nombreux, et la circulation des récits qui en sont faits plus importante. C’est à l’appui des témoignages des mêmes voyageurs que nous avons analysé leurs connaissances ; leur savoir était enrichi par la cartographie qui avait connu un grand développement mais qui, elle aussi, ne faisait que témoigner des lacunes par ses célèbres blank spaces. Dans l’Europe entière naissent des Associations pour la découverte de l’Afrique, auxquelles s’ajoutent les Sociétés de Géographie qui promeuvent l’exploration systématique du continent. Afin d’avoir une vision précise des instruments utilisés par le voyageur, il nous semble indispensable de se tourner vers plusieurs champs du savoir. La recherche dans les domaines géographique et scientifique souligne que le voyageur disposait aussi d’autres outils, crées à ses propres fins : les instructions de voyage.
Appréhender la figure du voyageur, qui se dessine à partir du siècle des Lumières en tant que produit de son époque, est mettre en valeur les constantes et les variantes d’une société, des figures et des discours qu’elle engendre. Au siècle des Lumières, c’est le rôle même de l’homme, son rapport au monde et à l’étude de la nature qui l’environne, qui connaissent un grand changement. La volonté d’étudier, connaître et maîtriser la nature à travers des classifications précises, guide pendant longtemps les hommes de science et nombre de voyageurs. Au grand vide du savoir correspondent des vides sur les cartes géographiques de l’Afrique qui fascinent les savants, et que l’Europe s’empressera de combler. Déchiffrer les lois de la nature signifie aussi, pour la raison humaine, parvenir à la compréhension et à la domination du monde, auxquelles contribuèrent largement des méthodes d’études telles que le Systema naturae14 de Linné et l’Histoire naturelle générale et particulière15 de Buffon. Pour atteindre ces objectifs, le voyage et les voyages d’explorations, deviennent indispensables dans la société européenne. Dans le contexte socio-historique du siècle analysé, plusieurs types de voyageur se profilent. Si l’iconographie liée au voyageur va souvent de pair avec sa fonction sociale, l’analyse de la société européenne et des discours que les voyageurs produisent, se révèle fort pertinente pour mettre en avant la complexité de l’interaction société européenne/voyageur/société africaine. Ces interrogations définissent deux types de discours sur l’Afrique, celui du voyageur en transit et celui du voyageur résident. Notre objectif sera de cerner, tout particulièrement, ce deuxième type de discours, et de démontrer ses étapes de construction afin de comprendre son fonctionnement au sein des sociétés desquelles il est issu et auxquelles il s’adresse.
La première partie se focalise sur la naissance et les phases de développement du discours de François Le Vaillant, Carlo Piaggia et Mary Kingsley. Inspirée par l’approche ethnologique, notre recherche se scinde en trois mouvements : la formation d’une sensibilité du regard, la pratique d’une approche ethnologique ante litteram, et l’évolution vers l’anthropologie et l’histoire naturelle comparée. Ces trois perspectives et les différentes étapes de leur mise en écriture sont au cœur de nos réflexions, ainsi que l’influence de l’approche ethnologique des trois voyageurs dans leurs discours respectifs. Nous définissons ainsi la pratique de ces discours à travers l’analyse des textes, à la lumière des axes propres de l’ethnologie : le terrain, l’écriture et la description, en recourant aux ouvrages majeurs de cette discipline et aux théories de Bronislaw Malinowski, Franz Boas, Jean Jamin, Claude Lévi-Strauss et d’autres.
Axée sur la portée politique et sociale du discours, la deuxième partie du livre présente l’analyse de trois visions critiques du système colonial en Afrique subsaharienne. Les discours sont étudiés dans leur rapport à l’époque et à la situation historique qui les a engendrés, ce qui nous a permis de mettre l’accent sur le rapport des trois voyageurs à la situation coloniale. Par la démarche analytique, nous avons mis en exergue les éléments de nouveauté des différents propos, la vision nouvelle des systèmes coloniaux et les propositions de systèmes alternatifs de gouvernement élaborées par les trois voyageurs suite au constat de l’impact de la civilisation européenne sur les cultures locales.
La troisième et dernière partie étudie les différentes étapes de publication et réception des trois ouvrages, depuis leur parution jusqu’à nos jours. Le statut singulier et hétéroclite du genre littéraire du récit de voyage y est illustré à travers la problématisation de l’écriture du récit. Un regard attentif est posé sur le rapport entre les voyageurs et leur écriture à travers l’étude de leur propre perception de leur style. Le statut particulier du récit de Carlo Piaggia nous permet de montrer les différentes vicissitudes liées à la publication de son œuvre. Les études de la diffusion, de la traduction et de la réception des œuvres viennent compléter notre regard sur la publication des ouvrages. Pour finir nous prenons en compte les impacts de ces trois discours sur la littérature, l’histoire et l’ethnologie actuelles en nous focalisant sur l’accueil de ces textes dans notre époque contemporaine.
Le constat de la rareté des études portant sur nos auteurs, et surtout François Le Vaillant et Carlo Piaggia, nous a encouragés dans notre démarche. Même si Mary Kingsley a été de plus en plus intégrée dans les corpus des anthologies et des travaux consacrées aux gender studies. En effet, les dernières études monographiques sur Carlo Piaggia, regroupées en volume, datent des années 197016, quelques articles ont paru dans les journaux de façon sporadique et, à notre connaissance, aucune thèse de doctorat n’a porté sur ce voyageur. Il en est de même pour François Le Vaillant. En effet, le dernier ouvrage collectif le concernant date de 1973, et à l’exception de quelques articles le voyageur semble avoir été oublié. De plus, les récits de voyage des deux auteurs ne connaissent aucune édition critique récente, ni dans leur langue d’origine ni dans d’autres langues, à l’exception de la réédition en abrégé du récit de voyage de François Le Vaillant en Italie par Silvia Contarini de 1994. Les trois œuvres en question n’ont pas non plus été traduites récemment17, et le récit de Piaggia n’a jamais connu de traduction.
Résumé des informations
- Pages
- XXII, 546
- Année de publication
- 2026
- ISBN (PDF)
- 9783034360883
- ISBN (ePUB)
- 9783034360890
- ISBN (Broché)
- 9783034360876
- DOI
- 10.3726/b23719
- Langue
- français
- Date de parution
- 2026 (Octobre)
- Mots Clés (Keywords)
- Littérature Voyage Anthropologie ethnologie histoire histoire des idées iconographie interdisciplinarité Europe Afrique Angleterre France Italie anticolonialisme colonialisme esclavage Carlo Piaggia François Le Vaillant Mary Kingsley
- Publié
- Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xxii, 546 p., 11 ill. en couleurs, 40 ill. n/b.
- Sécurité des produits
- Peter Lang Group AG